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 Le Spleen de Paris

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trismegistus
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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Lun Set 03, 2007 9:04 pm

La belle Dorothée

Le soleil accable la ville de sa lumière droite et terrible; le sable est éblouissant et la mer miroite. Le monde stupéfié s'affaisse lâchement et fait la sieste, une sieste qui est une espèce de mort savoureuse où le dormeur, à demi éveillé, goûte les voluptés de son anéantissement.
Cependant Dorothée, forte et fière comme le soleil, s'avance dans la rue déserte, seule vivante à cette heure sous l'immense azur, et faisant sur la lumière une tache éclatante et noire.
Elle s'avance, balançant mollement son torse si mince sur ses hanches si larges. Sa robe de soie collante, d'un ton clair et rose, tranche vivement sur les ténèbres de sa peau et moule exactement sa taille longue, son dos creux et sa gorge pointue.
Son ombrelle rouge, tamisant la lumière, projette sur son visage sombre le fard sanglant de ses reflets.
Le poids de son énorme chevelure presque bleue tire en arrière sa tête délicate et lui donne un air triomphant et paresseux. De lourdes pendeloques gazouillent secrètement à ses mignonnes oreilles.
De temps en temps la brise de mer soulève par le coin sa jupe flottante et montre sa jambe luisante et superbe; et son pied, pareil aux pieds des déesses de marbre que l'Europe enferme dans ses musées, imprime fidèlement sa forme sur le sable fin. Car Dorothée est si prodigieusement coquette, que le plaisir d'être admirée l'emporte chez elle sur l'orgueil de l'affranchie, et, bien qu'elle soit libre, elle marche sans souliers.
Elle s'avance ainsi, harmonieusement, heureuse de vivre et souriant d'un blanc sourire, comme si elle apercevait au loin dans l'espace un miroir reflétant sa démarche et sa beauté.
A l'heure où les chiens eux-mêmes gémissent de douleur sous le soleil qui les mord, quel puissant motif fait donc aller ainsi la paresseuse Dorothée, belle et froide comme le bronze?
Pourquoi a-t-elle quitté sa petite case si coquettement arrangée, dont les fleurs et les nattes font à si peu de frais un parfait boudoir; où elle prend tant de plaisir à se peigner, à fumer, à se faire éventer ou à se regarder dans le miroir de ses grands éventails de plumes, pendant que la mer, qui bat la plage à cent pas de là, fait à ses rêveries indécises un puissant et monotone accompagnement, et que la marmite de fer, où cuit un ragoût de crabes au riz et au safran, lui envoie, du fond de la cour, ses parfums excitants?
Peut-être a-t-elle un rendez-vous avec quelque jeune officier qui, sur des plages lointaines, a entendu parler par ses camarades de la célèbre Dorothée. Infailliblement elle le priera, la simple créature, de lui décrire le bal de l'Opéra, et lui demandera si on peut y aller pieds nus, comme aux danses du dimanche, où les vieilles Cafrines elles-mêmes deviennent ivres et furieuses de joie; et puis encore si les belles dames de Paris sont toutes plus belles qu'elle.
Dorothée est admirée et choyée de tous, et elle serait parfaitement heureuse si elle n'était obligée d'entasser piastre sur piastre pour racheter sa petite soeur qui a bien onze ans, et qui est déjà mûre, et si belle! Elle réussira sans doute, la bonne Dorothée; le maître de l'enfant est si avare, trop avare pour comprendre une autre beauté que celle des écus!


La bela Dorotea

Il sole opprime la città con la sua terribile luce a picco; la sabbia è abbagliante e il mare scintilla. Il mondo attonito si accascia e fa la siesta, una siesta che è una specie di gradevole morte, in cui il dormiente, a metà sveglio, assapora con voluttà il suo annientamento.
Dorotea, invece, unica vivente a quest'ora sotto l'azzurro immenso, forte e fiera come il sole, procede nella strada deserta, creando nella luce una macchia splendidamente nera.
Avanza ondeggiando mollemente il torso sottile sulle anche ampie. Il suo aderente vestito di seta, rosa chiaro, risalta sul buio della sua pelle e modella con esattezza la sua figura slanciata, l'incavo della schiena, il seno eretto.
Il suo ombrello rosso, filtrando la luce, proietta sul suo viso scuro la tinta sanguigna dei suoi riflessi.
Il peso della sua enorme capigliatura bluastra le tira indietro la testa delicata, dandole un'aria trionfale e indolente. Pesanti orecchini sussurrano segretamente qualcosa alle sue orecchie graziose.
Ogni tanto la brezza del mare fa volare in alto il lembo della gonna e scopre la sua gamba lucida e magnifica; il suo piede, come quello delle dee di marmo che l'Europa tiene chiuse nei suoi musei, imprime fedelmente la sua forma sulla sabbia fine. Perché Dorotea è così straordinariamente civetta che il piacere di essere ammirata supera in lei l'orgoglio della libertà; e, benché libera, cammina a piedi nudi.
Avanza così, armoniosamente felice di vivere, e mostra il biancore del suo sorriso come se scorgesse lontano nello spazio uno specchio che riflette il suo incedere e la sua bellezza.
Nell'ora in cui anche i cani gemono sotto il morso del sole, quale movente irresistibile fa dunque andare così la pigra Dorotea, bella e fredda come il bronzo?
Perché mai ha lasciato la sua piccola casa arredata con tanta civetteria, dove fiori e stuoie creano con poca spesa un perfetto boudoir; dove le piace tanto pettinarsi, fumare, farsi fare vento o guardarsi nello specchio dei suoi grandi ventagli di piume, mentre il mare che batte la spiaggia a cento passi da lì inventa un monotono, possente accompagnamento alle sue oscillanti fantasticherie, e il pentolino di ferro in cui cuoce un ragù di granchi con riso e zafferano le manda dal cortile odori eccitanti?Forse ha un appuntamento con qualche giovane ufficiale che, in lidi remoti, ha sentito i suoi compagni parlare della famosa Dorotea. Infallibilmente lei lo pregherà, ingenua creatura, di descriverle un ballo all'Opera, e gli chiederà se ci si può andare a piedi nudi, come ai balli della domenica, dove anche le vecchie Cafre diventano ebbre e pazze di gioia; e poi, ancora, se le belle dame di Parigi sono tutte più belle di lei.
Dorotea è ammirata e coccolata da tutti, e sarebbe perfettamente felice se non fosse costretta a risparmiare un soldo sull'altro per riscattare la sorellina di undici anni, che è già matura ed è già così bella! Certamente ci riuscirà, la brava Dorotea: il padrone della bambina è avaro, troppo avaro per capire una bellezza diversa da quella dei soldi!

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:15 am

Les yeux des pauvres

Ah! vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd'hui. Il vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu'à moi de vous l'expliquer; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d'imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.
Nous avions passé ensemble une longue journée qui m'avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l'un et à l'autre, et que nos deux âmes désormais n'en feraient plus qu'une; - un rêve qui n'a rien d'original, après tout, si ce n'est que, rêvé par tous les hommes, il n'a été réalisé par aucun.
Le soir, un peu fatiguée, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d'un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincelait. Le gaz lui-même y déployait toute l'ardeur d'un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches, les pages aux joues rebondies traînés par les chiens en laisse, les dames riant au faucon perché sur leur poing, les nymphes et les déesses portant sur leur tête des fruits, des pâtés et du gibier, les Hébés et les Ganymèdes présentant à bras tendu la petite amphore à bavaroises ou l'obélisque bicolore des glaces panachées; toute l'histoire et toute la mythologie mises au service de la goinfrerie.
Droit devant nous, sur la chaussée, était planté un brave homme d'une quarantaine d'années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d'une main un petit garçon et portant sur l'autre bras un petit être trop faible pour marcher. Il remplissait l'office de bonne et faisait prendre à ses enfants l'air du soir. Tous en guenilles. Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l'âge.
Les yeux du père disaient: "Que c'est beau! que c'est beau! on dirait que tout l'or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs." - Les yeux du petit garçon: "Que c'est beau! que c'est beau! mais c'est une maison où peuvent seuls entrer les gens qui ne sont pas comme nous." - Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu'une joie stupide et profonde.
Les chansonniers disent que le plaisir rend l'âme bonne et amollit le coeur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non seulement j'étais attendri par cette famille d'yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dites: "Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d'ici?"
Tant il est difficile de s'entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s'aiment!


Gli occhi dei poveri

Ah, volete proprio sapere perché oggi vi odio? Per me non sarà difficile spiegarvelo. Ma certo per voi non sarà facile capirlo, perché siete, credo, il più bell'esempio di impermeabilità femminile che si possa incontrare.
Avevamo passato insieme un'intera giornata, che mi era parsa breve. Ci eravamo promessi di avere in comune tutti i nostri pensieri, e che le nostre anime sarebbero state ormai un'anima sola: un sogno che dopotutto non ha niente di originale, se non il fatto che pur essendo stato sognato da tutti non è stato realizzato da nessuno.
La sera, un po' stanca, voleste sedervi all'angolo di un nuovo boulevard, davanti a un nuovo caffè ancora pieno di calcinacci, e che già mostrava la gloria dei suoi incompiuti splendori. Il caffè scintillava. Perfino il gas vi esibiva tutto l'ardore di un debutto, e con tutte le sue forze rischiarava i muri di un biancore accecante, le abbaglianti superfici degli specchi, gli ori delle modanature e delle cornici, i paggi dalle guance paffute trascinati dai cani al guinzaglio, le dame che sorridevano al falcone appollaiato sul loro pugno, le ninfe e le dee con frutti, pasticci, cacciagione in capo, Ebe e Ganimede che porgono col braccio teso la piccola anfora per la «bavarese», o l'obelisco tricolore dei gelati mantecati; tutta la storia e tutta la mitologia messe al servizio dell'ingordigia.
Proprio davanti a noi, sulla carreggiata, se ne stava impalato un brav'uomo sulla quarantina, la faccia stanca, la barba ingrigita, che teneva per mano un bambino e reggeva sull'altro braccio un esserino troppo debole per camminare.
Faceva da bambinaia, e portava i suoi figli, la sera, a prendere un po' d'aria. Cenciosi tutti e tre. Quei tre visi erano straordinariamente seri, e quei sei occhi contemplavano e fissavano il caffè nuovo con pari ammirazione, benché con diverse sfumature a seconda dell'età.
Gli occhi del padre dicevano: «Come è bello! Come è bello! Si direbbe che tutto l'oro della povera gente sia venuto a mettersi su questi muri». Gli occhi del bambino: «Come è bello! Come è bello! Ma è una casa dove possono entrare solo quelli che non sono come noi». Quanto agli occhi del più piccolo, erano troppo affascinati per esprimere qualcosa di diverso da una gioia profonda e ottusa.
Gli autori di canzoni dicono che il piacere rende l'anima buona e intenerisce il cuore. Per quanto riguarda me, la canzone quella sera aveva ragione. Non solo ero intenerito da quella famiglia d'occhi, ma avevo un po' vergogna dei nostri bicchieri e delle nostre caraffe, più grandi della nostra sete. Giravo il mio sguardo verso il vostro, mio caro amore, per leggervi il mio stesso pensiero; mi tuffavo nei vostri occhi così belli, così bizzarri e dolci, nei vostri occhi verdi, abitati dal capriccio e ispirati dalla Luna, quando mi diceste: «Questa gente, con quegli occhi spalancati come portoni, mi è insopportabile! Non potreste chiedere al maître di allontanarli da qui?».
Tanto difficile è capirsi, caro angelo mio! E il pensiero è a tal punto incomunicabile, anche fra coloro che si amano!

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 11:42 am

Une mort héroïque

Fancioulle était un admirable bouffon, et presque un des amis du Prince. Mais pour les personnes vouées par état au comique, les choses sérieuses ont de fatales attractions, et, bien qu'il puisse paraître bizarre que les idées de patrie et de liberté s'emparent despotiquement du cerveau d'un histrion, un jour Fancioulle entra dans une conspiration formée par quelques gentilshommes mécontents.
Il existe partout des hommes de bien pour dénoncer au pouvoir ces individus d'humeur atrabilaire qui veulent déposer les princes et opérer, sans la consulter, le déménagement d'une société. Les seigneurs en question furent arrêtés, ainsi que Fancioulle, et voués à une mort certaine.
Je croirais volontiers que le Prince fut presque fâché de trouver son comédien favori parmi les rebelles. Le Prince n'était ni meilleur ni pire qu'un autre; mais une excessive sensibilité le rendait, en beaucoup de cas, plus cruel et plus despote que tous ses pareils. Amoureux passionné des beaux-arts, excellent connaisseur d'ailleurs, il était vraiment insatiable de voluptés. Assez indifférent relativement aux hommes et à la morale, véritable artiste lui-même, il ne connaissait d'ennemi dangereux que l'Ennui, et les efforts bizarres qu'il faisait pour fuir ou pour vaincre ce tyran du monde lui auraient certainement attiré, de la part d'un historien sévère, l'épithète de "monstre", s'il avait été permis, dans ses domaines, d'écrire quoi que ce fût qui ne tendît pas uniquement au plaisir ou à l'étonnement, qui est une des formes les plus délicates du plaisir. Le grand malheur de ce Prince fut qu'il n'eut jamais un théâtre assez vaste pour son génie. Il y a de jeunes Nérons qui étouffent dans des limites trop étroites, et dont les siècles à venir ignoreront toujours le nom et la bonne volonté. L'imprévoyante Providence avait donné à celui-ci des facultés plus grandes que ses Etats.
Tout d'un coup le bruit courut que le souverain voulait faire grâce à tous les conjurés; et l'origine de ce bruit fut l'annonce d'un grand spectacle où Fancioulle devait jouer l'un de ses principaux et de ses meilleurs rôles, et auquel assisteraient même, disait-on, les gentilshommes condamnés; signe évident, ajoutaient les esprits superficiels, des tendances généreuses du Prince offensé.
De la part d'un homme aussi naturellement et volontairement excentrique, tout était possible, même la vertu, même la clémence, surtout s'il avait pu espérer y trouver des plaisirs inattendus. Mais pour ceux qui, comme moi, avaient pu pénétrer plus avant dans les profondeurs de cette âme curieuse et malade, il était infiniment plus probable que le Prince voulait juger de la valeur des talents scéniques d'un homme condamné à mort. Il voulait profiter de l'occasion pour faire une expérience physiologique d'un intérêt capital, et vérifier jusqu'à quel point les facultés habituelles d'un artiste pouvaient être altérées ou modifiées par la situation extraordinaire où il se trouvait; au-delà, existait-il dans son âme une intention plus ou moins arrêtée de clémence? C'est un point qui n'a jamais pu être éclairci.
Enfin, le grand jour arrivé, cette petite cour déploya toutes ses pompes, et il serait difficile de concevoir, à moins de l'avoir vu, tout ce que la classe privilégiée d'un petit Etat, à ressources restreintes, peut montrer de splendeurs pour une vraie solennité. Celle-là était doublement vraie, d'abord par la magie du luxe étalé, ensuite par l'intérêt moral et mystérieux qui y était attaché.
Le sieur Fancioulle excellait surtout dans les rôles muets ou peu chargés de paroles, qui sont souvent les principaux dans ces drames féeriques dont l'objet est de représenter symboliquement le mystère de la vie. Il entra en scène légèrement et avec une aisance parfaite, ce qui contribua à fortifier, dans le noble public, l'idée de douceur et de pardon.
Quand on dit d'un comédien: "Voilà un bon comédien", on se sert d'une formule qui implique que sous le personnage se laisse encore deviner le comédien, c'est-à-dire l'art, l'effort, la volonté. Or, si un comédien arrivait à être, relativement au personnage qu'il est chargé d'exprimer, ce que les meilleures statues de l'Antiquité, miraculeusement animées, vivantes, marchantes, voyantes, seraient relativement à l'idée générale et confuse de beauté, ce serait là, sans doute, un cas singulier et tout à fait imprévu. Fancioulle fut, ce soir-là, une parfaite idéalisation, qu'il était impossible de ne pas supposer vivante, possible, réelle. Ce bouffon allait, venait, riait, pleurait, se convulsait, avec une indestructible auréole autour de la tête, auréole invisible pour tous, mais visible pour moi, et où se mêlaient, dans un étrange amalgame, les rayons de l'Art et la gloire du Martyre. Fancioulle introduisait, par je ne sais quelle grâce spéciale, le divin et le surnaturel, jusque dans les plus extravagantes bouffonneries. Ma plume tremble, et des larmes d'une émotion toujours présente me montent aux yeux pendant que je cherche à vous décrire cette inoubliable soirée. Fancioulle me prouvait, d'une manière péremptoire, irréfutable, que l'ivresse de l'Art est plus apte que toute autre à voiler les terreurs du gouffre; que le génie peut jouer la comédie au bord de la tombe avec une joie qui l'empêche de voir la tombe, perdu, comme il est, dans un paradis excluant toute idée de tombe et de destruction.
Tout ce public, si blasé et frivole qu'il pût être, subit bientôt la toute-puissante domination de l'artiste. Personne ne rêva plus de mort, de deuil, ni de supplices. Chacun s'abandonna, sans inquiétude, aux voluptés multipliées que donne la vue d'un chef-d'oeuvre d'art vivant. Les explosions de la joie et de l'admiration ébranlèrent à plusieurs reprises les voûtes de l'édifice avec l'énergie d'un tonnerre continu. Le Prince lui-même, enivré, mêla ses applaudissements à ceux de sa cour.
Cependant, pour un oeil clairvoyant, son ivresse, à lui, n'était pas sans mélange. Se sentait-il vaincu dans son pouvoir de despote? humilié dans son art de terrifier les coeurs et d'engourdir les esprits? frustré de ses espérances et bafoué dans ses prévisions? De telles suppositions non exactement justifiées, mais non absolument injustifiables, traversèrent mon esprit pendant que je contemplais le visage du Prince, sur lequel une pâleur nouvelle s'ajoutait sans cesse à sa pâleur habituelle, comme la neige s'ajoute à la neige. Ses lèvres se resserraient de plus en plus, et ses yeux s'éclairaient d'un feu intérieur semblable à celui de la jalousie et de la rancune, même pendant qu'il applaudissait ostensiblement les talents de son vieil ami, l'étrange bouffon, qui bougonnait si bien la mort. A un certain moment, je vis Son Altesse se pencher vers un petit page, placé derrière elle, et lui parler à l'oreille. La physionomie espiègle du joli enfant s'illumina d'un sourire; et puis il quitta vivement la loge princière comme pour s'acquitter d'une commission urgente.
Quelques minutes plus tard un coup de sifflet aigu, prolongé, interrompit Fancioulle dans un de ses meilleurs moments, et déchira à la fois les oreilles et les coeurs. Et de l'endroit de la salle d'où avait jailli cette désapprobation inattendue, un enfant se précipitait dans un corridor avec des rires étouffés.
Fancioulle, secoué, réveillé dans son rêve, ferma d'abord les yeux, puis les rouvrit presque aussitôt, démesurément agrandis, ouvrit ensuite la bouche comme pour respirer convulsivement, chancela un peu en avant, un peu en arrière, et puis tomba roide mort sur les planches.
Le sifflet, rapide comme un glaive, avait-il réellement frustré le bourreau? Le Prince avait-il lui-même deviné tout l'homicide efficacité de sa ruse? Il est permis d'en douter. Regretta-t-il son cher et inimitable Fancioulle? Il est doux et légitime de le croire.
Les gentilshommes coupables avaient joui pour la dernière fois du spectacle de la comédie. Dans la même nuit ils furent effacés de la vie.
Depuis lors, plusieurs mimes, justement appréciés dans différents pays, sont venus jouer devant la cour de ***; mais aucun d'eux n'a pu rappeler les merveilleux talents de Fancioulle, ni s'élever jusqu'à la même faveur.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 11:42 am

Una morte eroica

Fancioulle era un ammirevole buffone, e in rapporti quasi di amicizia col Principe. Ma le cose serie esercitano su chi è destinato alla comicità una fatale attrazione; e per quanto possa sembrare strano che le idee di patria e di libertà s'impossessino dispoticamente del cervello di un istrione, un giorno Fancioulle entrò a far parte di una cospirazione formata da alcuni gentiluomini scontenti.
Esiste dovunque della gente perbene, che denuncia al potere questi individui di umore atrabiliare che vogliono deporre i principi e riformare la società senza neppure consultarla. I signori in questione, tra cui Fancioulle, furono arrestati e destinati a morte sicura.
Sono propenso a credere che il Principe si sia alquanto seccato di trovare il suo attore preferito fra i ribelli.
Quel principe non era né migliore né peggiore di altri: ma un eccesso di sensibilità lo rendeva in molti casi più crudele e dispotico di tutti i suoi simili. Amante appassionato delle belle arti, e anche eccellente intenditore, i piaceri non lo saziavano mai. Piuttosto indifferente agli uomini e alla morale, vero artista egli stesso, non conosceva nemico pericoloso per lui quanto la Noia, e gli sforzi bizzarri che faceva per sfuggire ad essa e per vincere la sua tirannia sul mondo gli avrebbero certamente attirato, da parte di uno storico severo, l'appellativo di «mostro», se nei suoi dominii fosse stato permesso scrivere una qualunque cosa che non tendesse unicamente al piacere e ad una delle sue forme più raffinate, la meraviglia. La grande sventura di questo Principe fu che non ebbe mai un teatro che fosse abbastanza ampio per la sua fantasia. Ci sono dei giovani Neroni costretti a soffocare dentro confini troppo angusti, e di cui i secoli a venire ignoreranno per sempre sia il nome sia la buona volontà. L'improvvida Provvidenza aveva dato a costui facoltà più ampie dei confini del suo Stato.
All'improvviso corse voce che il sovrano voleva graziare tutti i congiurati; all'origine di questa voce c'era stato l'annuncio di un grande spettacolo in cui Fancioulle doveva impersonare uno dei suoi ruoli principali e più riusciti, e a questo spettacolo avrebbero dovuto assistere, si diceva, anche i gentiluomini condannati; segno evidente, aggiungevano i superficiali, che il Principe offeso era disposto alla clemenza.
Da parte di un uomo così naturalmente e volontariamente eccentrico ci si poteva aspettare qualunque cosa, anche la virtù, anche la clemenza, soprattutto se avesse potuto sperare di trovare in esse dei piaceri inaspettati. Ma per coloro che, come me, erano riusciti a penetrare meglio nelle profondità di quest'anima curiosa e malata, era infinitamente più probabile che il Principe avesse voglia di valutare il talento teatrale di un condannato a morte. Voleva approfittare dell'occasione per compiere un esperimento fisiologico di fondamentale interesse, e verificare fino a che punto le abituali capacità di un artista potevano essere alterate o modificate dalla situazione straordinaria in cui si trovava. Al di là di questo, c'era nel suo animo un'intenzione più o meno definita di clemenza? La questione non ha mai potuto essere chiarita.
Arrivato finalmente il gran giorno, la piccola corte dispiegò tutti i suoi fasti, e sarebbe difficile immaginare, a meno di non averlo visto, tutto lo splendore che la classe privilegiata di un piccolo Stato può manifestare in una circostanza veramente solenne. E quella lo era doppiamente, anzitutto per l'effetto magico del lusso prodigato, e poi per il misterioso interesse morale che vi era connesso.
Messer Fancioulle eccelleva soprattutto nei ruoli muti o poco parlati, che sono spesso i più importanti in quei drammi favolosi il cui scopo è di rappresentare simbolicamente il mistero della vita. Entrò in scena con leggerezza e con perfetta disinvoltura, cosa che contribuì a rafforzare, nel nobile pubblico, un'idea di dolcezza e di perdono.
Quando di un attore si dice: «Ecco un bravo attore», ci si serve di una formula che implica ancora che sotto il personaggio si può indovinare l'attore, cioè l'arte, lo sforzo, la volontà. Ma se un attore arrivasse ad essere, nei confronti del personaggio a cui deve dare espressione, ciò che potrebbero essere, nei confronti dell'idea astratta e vaga di bellezza, le migliori statue dell'antichità, meravigliosamente animate, vive e in movimento, questo sarebbe allora un caso singolare e del tutto imprevisto. Fancioulle fu, quella sera, una perfetta idealizzazione che era impossibile non supporre vivente, possibile, reale. Questo buffone andava, veniva, rideva, piangeva, si dimenava, con un'indistruttibile aureola intorno alla testa, aureola a tutti invisibile, ma visibile a me, e nella quale si confondevano, in uno strano miscuglio, i raggi dell'Arte e la gloria del Martirio. Fancioulle introduceva, per non so quale grazia speciale, il divino e il soprannaturale perfino nelle più stravaganti buffonerie. Nel momento in cui tento di descrivervi questa indimenticabile serata, la mia penna trema, e mi salgono agli occhi le lacrime per l'emozione che ancora provo. In modo perentorio, irrefutabile, Fancioulle mi dava la prova che l'ebbrezza dell'Arte è più adatta di ogni altra a velare i terrori dell'abisso; che il genio può recitare la commedia sull'orlo della tomba con una gioia che gli impedisce di vedere la tomba, perduto com'è in un paradiso che esclude ogni idea di tomba e di distruzione.
Tutto quel pubblico, per frivolo e disincantato che fosse, subì ben presto l'onnipotente dominio dell'artista.
Nessuno pensò più alla morte, al lutto, ai supplizi. Ognuno si abbandonò senza inquietudine a quella moltiplicazione dei piaceri che dà la vista di un capolavoro artistico vivente. Le esplosioni di gioia e di ammirazione scossero ripetutamente le volte dell'edificio con la forza di un tuono ininterrotto. Il Principe stesso, inebriato, mescolò i suoi applausi a quelli della corte.
Tuttavia, ad uno sguardo chiaroveggente, la sua ebbrezza si distingueva per la presenza di qualcos'altro. Si sentiva vinto nel suo potere di despota? Umiliato nella sua arte di terrorizzare i cuori e intorpidire gli spiriti? Frustrato nelle sue speranze e beffato nelle sue previsioni? Tali supposizioni, non esattamente giustificate, ma neppure totalmente ingiustificabili, attraversarono la mia mente mentre contemplavo il volto del Principe, sul quale un pallore nuovo continuava ad aggiungersi al pallore abituale, come la neve si aggiunge alla neve. Le sue labbra si serravano sempre di più, i suoi occhi si illuminavano di un fuoco interiore simile a quello della gelosia e del rancore mentre applaudiva con ostentazione il talento del suo vecchio amico, lo strano buffone che buffoneggiava così bene la morte. Ad un certo punto, vidi sua Altezza chinarsi verso un paggetto che stava dietro di lui e dirgli qualcosa all'orecchio. La faccia birichina del bel ragazzino si illuminò di un sorriso; poi svelto si allontanò dal palco principesco come per compiere una commissione urgente.
Qualche minuto dopo un fischio acuto, prolungato, interruppe Fancioulle in uno dei suoi momenti migliori, e ferì nello stesso tempo le orecchie e i cuori. E dal punto della sala da cui si era levata questa inattesa disapprovazione, un ragazzino si precipitò fuori nel corridoio trattenendo le risate.
Fancioulle, scosso, risvegliato dal suo sogno, chiuse dapprima gli occhi, poi li riaprì, quasi subito, smisuratamente spalancati, aprì la bocca come per respirare affannosamente, barcollò un po' in avanti, un po' indietro, e poi cadde morto stecchito sul palco.
Il fischio, rapido come un colpo di spada, aveva realmente preso il posto del boia? Il Principe era stato davvero in grado di indovinare tutta l'efficacia omicida del suo trucco? Se ne può dubitare. Rimpianse il suo caro e inimitabile Fancioulle? È confortante e legittimo crederlo.
I gentiluomini colpevoli avevano goduto per l'ultima volta lo spettacolo della commedia. Quella notte stessa furono cancellati dalla vita.Da allora in poi, parecchi mimi, giustamente apprezzati in diversi paesi, sono venuti a recitare davanti alla corte di ***; ma nessuno di loro ha potuto far ricordare i meravigliosi talenti di Fancioulle, né innalzarsi fino a ottenere un uguale favore.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 11:46 am

La fausse monnaie

Comme nous nous éloignions du bureau de tabac, mon ami fit un soigneux triage de sa monnaie; dans la poche gauche de son gilet il glissa de petites pièces d'or; dans la droite, de petites pièces d'argent; dans la poche gauche de sa culotte, une masse de gros sols, et enfin, dans la droite, une pièce d'argent de deux francs qu'il avait particulièrement examinée.
"Singulière et minutieuse répartition!" me dis-je en moi-même.
Nous fîmes la rencontre d'un pauvre qui nous tendit sa casquette en tremblant. - Je ne connais rien de plus inquiétant que l'éloquence muette de ces yeux suppliants, qui contiennent à la fois, pour l'homme sensible qui sait y lire, tant d'humilité, tant de reproches. Il y trouve quelque chose approchant cette profondeur de sentiment compliqué, dans les yeux larmoyants des chiens qu'on fouette.
L'offrande de mon ami fut beaucoup plus considérable que la mienne, et je lui dis: "Vous avez raison; après le plaisir d'être étonné, il n'en est pas de plus grand que celui de causer une surprise. - C'était la pièce fausse", me répondit-il tranquillement, comme pour se justifier de sa prodigalité.
Mais dans mon misérable cerveau, toujours occupé à chercher midi à quatorze heures (de quelle fatigante faculté la nature m'a fait cadeau!), entra soudainement cette idée qu'une pareille conduite, de la part de mon ami, n'était excusable que par le désir de créer un événement dans la vie de ce pauvre diable, peut-être même de connaître les conséquences diverses, funestes ou autres, que peut engendrer une pièce fausse dans la main d'un mendiant. Ne pouvait-elle pas se multiplier en pièces vraies? ne pouvait-elle pas aussi le conduire en prison? Un cabaretier, un boulanger, par exemple, allait peut-être le faire arrêter comme faux-monnayeur ou comme propagateur de fausse monnaie. Tout aussi bien la pièce fausse serait peut-être, pour un pauvre petit spéculateur, le germe d'une richesse de quelques jours. Et ainsi ma fantaisie allait son train, prêtant des ailes à l'esprit de mon ami et tirant toutes les déductions possibles de toutes les hypothèses possibles.
Mais celui-ci rompit brusquement ma rêverie en reprenant mes propres paroles: "Oui, vous avez raison; il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère."
Je le regardai dans le blanc des yeux, et je fus épouvanté de voir que ses yeux brillaient d'une incontestable candeur. Je vis alors clairement qu'il avait voulu faire à la fois la charité et une bonne affaire; gagner quarante sols et le coeur de Dieu; emporter le paradis économiquement; enfin attraper gratis un brevet d'homme charitable. Je lui aurais presque pardonné le désir de la criminelle jouissance dont je le supposais tout à l'heure capable; j'aurais trouvé curieux, singulier, qu'il s'amusât à compromettre les pauvres; mais je ne lui pardonnerai jamais l'ineptie de son calcul. On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise.


La moneta falsa

Mentre ci allontanavamo dalla rivendita dei tabacchi, il mio amico fece un'accurata suddivisione del suo denaro; nella tasca sinistra del gilè fece scivolare alcune monetine d'oro; nella destra, alcune monetine d'argento; nella tasca sinistra dei pantaloni, una quantità di grosse monete, e infine, nella destra, un pezzo d'argento da due franchi che aveva esaminato attentamente.
«Singolare e minuziosa ripartizione!» dissi fra me.
Incontrammo un povero che ci tese il berretto tremando. - Non conosco niente di più inquietante dell'eloquenza muta di quegli occhi supplichevoli, che contengono nello stesso tempo, per l'uomo sensibile, capace di leggervi, tanta umiltà, tanti rimproveri. Qualcosa di simile a questa complicata profondità di sentimento, la si trova negli occhi lacrimosi dei cani bastonati.
Essendo l'offerta del mio amico molto più consistente della mia, gli dissi: «Avete ragione: dopo il piacere di meravigliarsi, non ce n'è uno più grande di quello di suscitare meraviglia». - «Era la moneta falsa», mi rispose lui tranquillamente, come per giustificarsi della sua prodigalità.
Ma nel mio miserabile cervello, sempre occupato a cercare la luna a mezzogiorno (di quale faticosa facoltà la natura mi ha fatto dono!), entrò di colpo quest'idea: che una simile condotta da parte del mio amico non era scusabile se non come desiderio di provocare un evento nella vita di quel povero diavolo, e anche forse di vedere le conseguenze, più o meno funeste, che può far nascere una moneta falsa nelle mani di un mendicante. Chissà, forse poteva moltiplicarsi in tante monete buone! O poteva portarlo in galera. Un oste, per esempio, o un fornaio, avrebbero potuto farlo arrestare come falsario o come spacciatore. Oppure, quella moneta senza valore avrebbe anche potuto diventare, per un povero piccolo speculatore, la fonte di una ricchezza che sarebbe durata qualche giorno. E così la mia fantasia viaggiava, prestando ali allo spirito del mio amico e traendo tutte le deduzioni possibili da tutte le ipotesi possibili.
Ma costui interruppe bruscamente la mia fantasticheria riprendendo le mie parole: «Sì, avete ragione; non c'è piacere più dolce di quello di meravigliare un uomo regalandogli molto di più di quello che si aspetta».
Lo guardai nel bianco degli occhi e fui spaventato nel vedere che i suoi occhi brillavano di un innegabile candore. Vidi allora chiaramente che egli aveva voluto fare, nello stesso tempo, la carità e un buon affare; guadagnarsi quaranta soldi e l'amore di Dio; portarsi via il paradiso facendo economia; e infine acquistarsi gratis una patente di uomo caritatevole. Gli avrei quasi perdonato il desiderio della gioia criminosa di cui un momento prima lo avevo ritenuto capace; avrei trovato curioso, singolare che si divertisse a compromettere i poveri; ma non gli avrei m perdonato l'inettitudine dimostrata in questo calcolo. Non c'è scusa per la cattiveria, ma c'è qualche merito nell'esserne coscienti; e il più irreparabile dei vizi è fare il male per stupidità.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 11:50 am

Le joueur généreux

Hier, à travers la foule du boulevard, je me sentis frôlé par un Etre mystérieux que j'avais toujours désiré connaître, et que je reconnus tout de suite, quoique je ne l'eusse jamais vu. Il y avait sans doute chez lui, relativement à moi, un désir analogue, car il me fit, en passant, un clignement d'oeil significatif auquel je me hâtai d'obéir. Je le suivis attentivement, et bientôt je descendis derrière lui dans une demeure souterraine, éblouissante, où éclatait un luxe dont aucune des habitations supérieures de Paris ne pourrait fournir un exemple approchant. Il me parut singulier que j'eusse pu passer si souvent à côté de ce prestigieux repaire sans en deviner l'entrée. Là régnait une atmosphère exquise, quoique capiteuse, qui faisait oublier presque instantanément toutes les fastidieuses horreurs de la vie; on y respirait une béatitude sombre, analogue à celle que durent éprouver les mangeurs de lotus quand, débarquant dans une île enchantée, éclairée des lueurs d'une éternelle après-midi, ils sentirent naître en eux, aux sons assoupissants des mélodieuses cascades, le désir de ne jamais revoir leurs pénates, leurs femmes, leurs enfants, et de ne jamais remonter sur les hautes lames de la mer.
Il y avait là des visages étranges d'hommes et de femmes, marqués d'une beauté fatale, qu'il me semblait avoir vus déjà à des époques et dans des pays dont il m'était impossible de me souvenir exactement, et qui m'inspiraient plutôt une sympathie fraternelle que cette crainte qui naît ordinairement à l'aspect de l'inconnu. Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre.
Mon hôte et moi, nous étions déjà, en nous asseyant, de vieux et parfaits amis. Nous mangeâmes, nous bûmes outre mesure de toutes sortes de vins extraordinaires, et, chose non moins extraordinaire, il me semblait, après plusieurs heures, que je n'étais pas plus ivre que lui. Cependant le jeu, ce plaisir surhumain, avait coupé à divers intervalles nos fréquentes libations, et je dois dire que j'avais joué et perdu mon âme, en partie liée, avec une insouciance et une légèreté héroïques. L'âme est une chose si impalpable, si souvent inutile et quelquefois si gênante, que je n'éprouvai, quant à cette perte, qu'un peu moins d'émotion que si j'avais égaré, dans une promenade, ma carte de visite.
Nous fumâmes longuement quelques cigares dont la saveur et le parfum incomparables donnaient à l'âme la nostalgie de pays et de bonheurs inconnus, et, enivré de toutes ces délices, j'osai, dans un accès de familiarité qui ne parut pas lui déplaire, m'écrier, en m'emparant d'une coupe pleine jusqu'au bord: "A votre immortelle santé, vieux Bouc!"
Nous causâmes aussi de l'univers, de sa création et de sa future destruction; de la grande idée du siècle, c'est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l'infatuation humaine. Sur ce sujet-là, Son Altesse ne tarissait pas en plaisanteries légères et irréfutables, et elle s'exprimait avec une suavité de diction et une tranquillité dans la drôlerie que je n'ai trouvées dans aucun des plus célèbres causeurs de l'humanité. Elle m'expliqua l'absurdité des différentes philosophies qui avaient jusqu'à présent pris possession du cerveau humain, et daigna même me faire confidence de quelques principes fondamentaux dont il ne me convient pas de partager les bénéfices et la propriété avec qui que ce soit. Elle ne se plaignit en aucune façon de la mauvaise réputation dont elle jouit dans toutes les parties du monde, m'assura qu'elle était, elle-même, la personne la plus intéressée à la destruction de la superstition, et m'avoua qu'elle n'avait eu peur, relativement à son propre pouvoir, qu'une seule fois, c'était le jour où elle avait entendu un prédicateur, plus subtil que ses confrères, s'écrier en chaire: "Mes chers frères, n'oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas!"
Le souvenir de ce célèbre orateur nous conduisit naturellement vers le sujet des académies, et mon étrange convive m'affirma qu'il ne dédaignait pas, en beaucoup de cas, d'inspirer la plume, la parole et la conscience des pédagogues, et qu'il assistait presque toujours en personne, quoique invisible, à toutes les séances académiques.
Encouragé par tant de bontés, je lui demandai des nouvelles de Dieu, et s'il l'avait vu récemment. Il me répondit, avec une insouciance nuancée d'une certaine tristesse: "Nous nous saluons quand nous nous rencontrons, mais comme deux vieux gentilshommes, en qui une politesse innée ne saurait éteindre tout à fait le souvenir d'anciennes rancunes."
Il est douteux que Son Altesse ait jamais donné une si longue audience à un simple mortel, et je craignais d'abuser. Enfin, comme l'aube frissonnante blanchissait les vitres, ce célèbre personnage, chanté par tant de poètes et servi par tant de philosophes qui travaillent à sa gloire sans le savoir, me dit: "Je veux que vous gardiez de moi un bon souvenir, et vous prouver que Moi, dont on dit tant de mal, je suis quelquefois bon diable, pour me servir d'une de vos locutions vulgaires. Afin de compenser la perte irrémédiable que vous avez faite de votre âme, je vous donne l'enjeu que vous auriez gagné si le sort avait été pour vous, c'est-à-dire la possibilité de soulager et de vaincre, pendant toute votre vie, cette bizarre affection de l'Ennui, qui est la source de toutes vos maladies et de tous vos misérables progrès. Jamais un désir ne sera formé par vous, que je ne vous aide à le réaliser; vous régnerez sur vos vulgaires semblables; vous serez fourni de flatteries et même d'adorations; l'argent, l'or, les diamants, les palais féeriques, viendront vous chercher et vous prieront de les accepter, sans que vous ayez fait un effort pour les gagner; vous changerez de patrie et de contrée aussi souvent que votre fantaisie vous l'ordonnera; vous vous soûlerez de voluptés, sans lassitude, dans des pays charmants où il fait toujours chaud et où les femmes sentent aussi bon que les fleurs, - et caetera, et caetera...", ajouta-t-il en se levant et en me congédiant avec un bon sourire.
Si ce n'eût été la crainte de m'humilier devant une aussi grande assemblée, je serais volontiers tombé aux pieds de ce joueur généreux, pour le remercier de son inouïe munificence. Mais peu à peu, après que je l'eus quitté, l'incurable défiance rentra dans mon sein; je n'osais plus croire à un si prodigieux bonheur, et, en me couchant, faisant encore ma prière par un reste d'habitude imbécile, je répétais dans un demi-sommeil "Mon Dieu! Seigneur, mon Dieu! faites que le diable me tienne sa parole!"


Il giocatore generoso

Ieri, in mezzo alla folla del boulevard, mi sono sentito sfiorare da un essere misterioso che avevo sempre desiderato conoscere, e che riconobbi immediatamente senza avere mai visto. C'era senza dubbio, da parte sua, un desiderio analogo nei miei confronti, perché mi fece, passando, una significativa strizzatina d'occhio, alla quale mi affrettai a rispondere. Lo seguii con attenzione, e poco dopo discesi dietro di lui in una sotterranea, abbagliante dimora, nella quale risplendeva un lusso che nessuna delle abitazioni superiori di Parigi poteva lontanamente eguagliare. Mi sembrò strano di essere potuto passare così spesso accanto a questo prestigioso rifugio senza indovinarne l'ingresso. Vi regnava un'atmosfera squisita, anche se frastornante, che faceva dimenticare quasi istantaneamente tutti i fastidiosi orrori della vita; vi si respirava una cupa beatitudine, analoga a quella che dovettero provare i mangiatori di loto quando, sbarcando su un'isola incantata, illuminata dal chiarore di un eterno mezzogiorno, sentirono nascere in sé, al suono cullante di melodiose cascate, il desiderio di non rivedere più i loro penati, le loro mogli, i loro figli e di non tornare mai più a solcare le onde del mare.
C'erano là strani volti di uomini e di donne, segnati da una bellezza fatale, che mi sembrava di avere già visti in epoche e in paesi di cui non riuscivo a ricordarmi esattamente, e che mi ispiravano piuttosto una simpatia fraterna che il timore che nasce di solito al cospetto dell'ignoto. Se volessi provare a definire in qualche modo l'espressione singolare dei loro sguardi, direi che mai ho visto occhi più energicamente animati dall'orrore della noia e dal desiderio immortale di sentirsi vivere.
Il mio ospite e io, sedendoci, ci sentivamo già perfettamente a nostro agio come due vecchi amici.
Mangiammo, bevemmo oltre misura ogni sorta di vini straordinari e, cosa non meno straordinaria, dopo parecchie ore non eravamo affatto ubriachi. Il gioco, tuttavia, questo piacere sovrumano, aveva interrotto a più riprese le nostre frequenti libagioni, e devo dire che, in una serie di partite, avevo scommesso e perduto la mia anima con una noncuranza e una leggerezza eroiche. L'anima è una cosa così impalpabile, così spesso inutile e qualche volta così imbarazzante che per questa perdita provavo meno emozione che se avessi smarrito, andandomene a passeggio, il mio biglietto da visita.
Fumammo a lungo qualche sigaro il cui sapore e profumo incomparabili davano all'anima la nostalgia di paesi e di felicità sconosciute, e inebriato da tutte queste delizie, in un accesso di familiarità che non sembrò dispiacergli, osai esclamare, afferrando una coppa colma fino all'orlo: «Alla vostra immortale salute, vecchio Becco!».
Discutemmo anche dell'universo, della sua creazione e della sua futura distruzione; della grande idea del secolo, cioè del progresso e della perfettibilità, e in generale di tutte le forme dell'infatuazione umana. Su questo tema
Sua Altezza non era mai a corto di battute scherzose e irrefutabili, e si esprimeva con una soavità di eloquio e con una spassosa tranquillità che non ho trovato in nessun altro celebrato conversatore. Mi spiegò l'assurdità delle differenti filosofie che avevano fino ad oggi preso possesso del cervello umano, e si degnò anche di confidarmi alcuni principi
fondamentali di cui non mi conviene spartire il possesso e i benefici con chicchessia. Non si lamentò affatto della cattiva reputazione che lo circonda in tutte le parti del mondo, mi assicurò di essere la persona più interessata che si può immaginare alla distruzione della superstizione, e mi confessò di aver temuto, per il proprio potere, una sola volta: il giorno in cui aveva sentito un predicatore, più sottile dei suoi confratelli, esclamare dal pulpito: «Miei cari fratelli, quando sentirete vantare il progresso dei lumi, non dimenticate mai che la più bella astuzia del diavolo è convincervi che lui non esiste!».
Il ricordo di questo celebre oratore ci condusse naturalmente verso il tema delle accademie; e il mio strano commensale mi dichiarò che non disdegnava, in molti casi, di ispirare la penna, la parola e la coscienza dei pedagoghi, e che assisteva quasi sempre di persona, benché invisibile, a tutte le sedute accademiche. Incoraggiato da tanta bontà, gli chiesi notizie di Dio, e se lo avesse visto recentemente. Mi rispose, con una noncuranza venata di una certa tristezza: «Ci salutiamo, quando ci incontriamo; ma come due vecchi gentiluomini, in cui una innata cortesia non riesce a spegnere del tutto il ricordo di antichi rancori».
È dubbio che Sua Altezza abbia mai concesso una così lunga udienza a un semplice mortale, e io temevo di abusarne. Alla fine, quando l'alba rabbrividendo sbiancava i vetri, questo celebre personaggio, cantato da tanti poeti e servito da tanti filosofi che lavorano per la sua gloria senza saperlo, mi disse: «Voglio che conserviate di me un buon ricordo, e vi darò la prova che Io, sebbene si dica di me tanto male, sono a volte un buon diavolo, per usare una delle vostre locuzioni volgari. Al fine di compensare la perdita irrimediabile, che avete subito, della vostra anima, vi regalo la posta in gioco che avreste guadagnato se la sorte vi fosse stata propizia: la possibilità, cioè, di alleviare e di vincere nel corso di tutta la vostra vita quella bizzarra malattia che è la Noia, fonte di tutti i vostri mali e di tutti i vostri miserabili progressi. In voi non prenderà mai forma un solo desiderio senza che io vi aiuti a realizzarlo; regnerete sui vostri volgari simili; sarete ben fornito di gente che vi lusinga e perfino che vi adora; l'argento, l'oro, i diamanti, i palazzi favolosi, verranno a cercarvi e vi pregheranno di essere accettati senza che abbiate fatto nessuno sforzo per guadagnarveli; cambierete patria e contrada tutte le volte che la vostra fantasia lo comanderà; vi sazierete di voluttà, ma senza stanchezza, in paesi incantevoli nei quali fa sempre caldo e dove le donne hanno l'odore buono dei fiori - eccetera, eccetera...», aggiunse alzandosi in piedi e congedandomi con un sorriso buono. Se non fosse stato per il timore di umiliarmi davanti a una così larga assemblea, volentieri mi sarei buttato ai piedi di questo giocatore generoso per ringraziarlo della sua inaudita munificenza. Ma a poco a poco, dopo che lo ebbi lasciato, la sfiducia incurabile rientrò nel mio petto. Non osavo più credere ad una felicità così prodigiosa, e andando a dormire, mentre dicevo le mie preghiere ubbidendo ancora alla vecchia abitudine come un imbecille, ripetevo mezzo addormentato: «Dio mio! Mio Signore Iddio! Fate che il Diavolo non mi manchi di parola!».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:01 pm

La corde

A Edouard Manet.

"Les illusions, - me disait mon ami, - sont aussi innombrables peut-être que les rapports des hommes entre eux, ou des hommes avec les choses. Et quand l'illusion disparaît, c'est-à-dire quand nous voyons l'être ou le fait tel qu'il existe en dehors de nous, nous éprouvons un bizarre sentiment, compliqué moitié de regret pour le fantôme disparu, moitié de surprise agréable devant la nouveauté, devant le fait réel. S'il existe un phénomène évident, trivial, toujours semblable, et d'une nature à laquelle il soit impossible de se tromper, c'est l'amour maternel. Il est aussi difficile de supposer une mère sans amour maternel qu'une lumière sans chaleur; n'est-il donc pas parfaitement légitime d'attribuer à l'amour maternel toutes les actions et les paroles d'une mère, relatives à son enfant? Et cependant écoutez cette petite histoire, où j'ai été singulièrement mystifié par l'illusion la plus naturelle.
"Ma profession de peintre me pousse à regarder attentivement les visages, les physionomies, qui s'offrent dans ma route, et vous savez quelle jouissance nous tirons de cette faculté qui rend à nos yeux la vie plus vivante et plus significative que pour les autres hommes. Dans le quartier reculé que j'habite, et où de vastes espaces gazonnés séparent encore les bâtiments, j'observai souvent un enfant dont la physionomie ardente et espiègle, plus que toutes les autres, me séduisit tout d'abord. Il a posé plus d'une fois pour moi, et je l'ai transformé tantôt en petit bohémien tantôt en ange, tantôt en Amour mythologique. Je lui ai fait porter le violon du vagabond, la Couronne d'Epines et les Clous de la Passion, et la Torche d'Eros. Je pris enfin à toute la drôlerie de ce gamin un plaisir si vif, que je priai un jour ses parents, de pauvres gens, de vouloir bien me le céder, promettant de bien l'habiller, de lui donner quelque argent et de ne pas lui imposer d'autre peine que de nettoyer mes pinceaux et de faire mes commissions. Cet enfant, débarbouillé, devint charmant, et la vie qu'il menait chez moi lui semblait un paradis, comparativement à celle qu'il aurait subie dans le taudis paternel. Seulement je dois dire que ce petit bonhomme m'étonna quelquefois par des crises singulières de tristesse précoce, et qu'il manifesta bientôt un goût immodéré pour le sucre et les liqueurs; si bien qu'un jour où je constatai que, malgré mes nombreux avertissements, il avait encore commis un nouveau larcin de ce genre, je le menaçai de le renvoyer à ses parents. Puis je sortis, et mes affaires me retinrent assez longtemps hors de chez moi.
"Quels ne furent pas mon horreur et mon étonnement quand, rentrant à la maison, le premier objet qui frappa mes regards fut mon petit bonhomme, l'espiègle compagnon de ma vie, pendu au panneau de cette armoire! Ses pieds touchaient presque le plancher; une chaise, qu'il avait sans doute repoussée du pied, était renversée à côté de lui; sa tête était penchée convulsivement sur une épaule; son visage, boursouflé, et ses yeux, tout grands ouverts avec une fixité effrayante, me causèrent d'abord l'illusion de la vie. Le dépendre n'était pas une besogne aussi facile que vous le pouvez croire. Il était déjà fort roide, et j'avais une répugnance inexplicable à le faire brusquement tomber sur le sol. Il fallait le soutenir tout entier avec un bras, et, avec la main de l'autre bras, couper la corde. Mais cela fait, tout n'était pas fini; le petit monstre s'était servi d'une ficelle fort mince qui était entrée profondément dans les chairs, et il fallait maintenant, avec de minces ciseaux, chercher la corde entre les deux bourrelets de l'enflure, pour lui dégager le cou.
"J'ai négligé de vous dire que j'avais vivement appelé au secours; mais tous mes voisins avaient refusé de me venir en aide, fidèles en cela aux habitudes de l'homme civilisé, qui ne veut jamais, je ne sais pourquoi, se mêler des affaires d'un pendu. Enfin vint un médecin qui déclara que l'enfant était mort depuis plusieurs heures. Quand, plus tard, nous eûmes à le déshabiller pour l'ensevelissement, la rigidité cadavérique était telle, que, désespérant de fléchir les membres, nous dûmes lacérer et couper les vêtements pour les lui enlever.
"Le commissaire, à qui, naturellement, je dus déclarer l'accident, me regarda de travers, et me dit: " Voilà qui est louche! " mû sans doute par un désir invétéré et une habitude d'état de faire peur, à tout hasard, aux innocents comme aux coupables.
"Restait une tâche suprême à accomplir, dont la seule pensée me causait une angoisse terrible: il fallait avertir les parents. Mes pieds refusaient de m'y conduire. Enfin j'eus ce courage. Mais, à mon grand étonnement, la mère fut impassible, pas une larme ne suinta du coin de son oeil. J'attribuai cette étrangeté à l'horreur même qu'elle devait éprouver, et je me souvins de la sentence connue: "Les douleurs les plus terribles sont les douleurs muettes." Quant au père, il se contenta de dire d'un air moitié abruti, moitié rêveur: "Après tout, cela vaut peut-être mieux ainsi; il aurait toujours mal fini!"
"Cependant le corps était étendu sur mon divan, et, assisté d'une servante, je m'occupais des derniers préparatifs, quand la mère entra dans mon atelier. Elle voulait, disait-elle, voir le cadavre de son fils. Je ne pouvais pas, en vérité, l'empêcher de s'enivrer de son malheur et lui refuser cette suprême et sombre consolation. Ensuite elle me pria de lui montrer l'endroit où son petit s'était pendu. "Oh! non! madame, - lui répondis-je, - cela vous ferait mal." Et comme involontairement mes yeux se tournaient vers la funèbre armoire, je m'aperçus, avec un dégoût mêlé d'horreur et de colère, que le clou était resté fiché dans la paroi, avec un long bout de corde qui traînait encore. Je m'élançai vivement pour arracher ces derniers vestiges du malheur, et comme J'allais les lancer au-dehors par la fenêtre ouverte, la pauvre femme saisit mon bras et me dit d'une voix irrésistible: "Oh! monsieur! laissez-moi cela! je vous en prie! je vous en supplie!" Son désespoir l'avait, sans doute, me parut-il, tellement affolée, qu'elle s'éprenait de tendresse maintenant pour ce qui avait servi d'instrument à la mort de son fils, et le voulait garder comme une horrible et chère relique. - Et elle s'empara du clou et de la ficelle.
"Enfin! enfin! tout était accompli. Il ne me restait plus qu'à me remettre au travail, plus vivement encore que d'habitude, pour chasser peu à peu ce petit cadavre qui hantait les replis de mon cerveau, et dont le fantôme me fatiguait de ses grands yeux fixes. Mais le lendemain je reçus un paquet de lettres: les unes, des locataires de ma maison, quelques autres des maisons voisines; l'une, du premier étage; l'autre, du second; l'autre, du troisième, et ainsi de suite, les unes en style demi-plaisant, comme cherchant à déguiser sous un apparent badinage la sincérité de la demande; les autres, lourdement effrontées et sans orthographe, mais toutes tendant au même but, c'est-à-dire à obtenir de moi un morceau de la funeste et béatifique corde. Parmi les signataires il y avait, je dois le dire, plus de femmes que d'hommes; mais tous, croyez-le bien, n'appartenaient pas à la classe infime et vulgaire. J'ai gardé ces lettres.
"Et alors, soudainement, une lueur se fit dans mon cerveau, et je compris pourquoi la mère tenait tant à m'arracher la ficelle et par quel commerce elle entendait se consoler."


La corda

A Édouard Manet

«Le illusioni», mi diceva il mio amico, «sono innumerevoli, forse, come i rapporti degli uomini fra loro, o degli uomini con le cose. E quando l'illusione sparisce, quando cioè vediamo l'essere o il fatto così come esistono fuori di noi, proviamo un sentimento complicato e bizzarro, fatto per metà di rimpianto per il fantasma scomparso, e per metà della piacevole sorpresa di fronte alla novità, di fronte al fatto reale. Se esiste un fenomeno evidente, triviale, sempre uguale a se stesso e di natura tale da essere infallibile, questo è l'amore materno. Supporre una madre senza amore materno è altrettanto difficile che supporre una luce senza calore: sarà dunque perfettamente legittimo attribuire all'amore materno tutte le azioni e le parole di una madre nei confronti di suo figlio. Eppure, state a sentire questa storiella, nel corso della quale sono stato stranamente tratto in inganno dalla più naturale delle illusioni.
«La mia professione di pittore mi porta a guardare attentamente i visi, le fisionomie che incontro per la strada, e sapete bene quale gioia si ricava da questa facoltà che rende ai nostri occhi la vita più viva e più significativa che per gli altri. Nel quartiere fuori mano in cui abito, e dove vasti spiazzi erbosi separano ancora gli edifici, spesso osservavo un bambino la cui espressione ardente e vispa mi aveva, più di tutte le altre, attratto immediatamente. Più volte ha posato per me, e io l'ho trasformato ora in uno zingarello, ora in un angelo, ora in un mitologico dio dell'Amore. Gli ho fatto portare il violino del vagabondo, la Corona di Spine e i Chiodi della Passione, la Torcia di Eros. Insomma, il piacere che provavo di fronte allo spirito stravagante di questo monello era tale che un giorno pregai i suoi genitori,povera gente, di volermelo cedere con la promessa di vestirlo bene, di dargli qualche soldo e di non imporgli altra fatica che quella di pulirmi i pennelli e di farmi delle commissioni. Questo bambino, una volta ripulito, diventò più grazioso, e la vita che conduceva da me gli sembrava un paradiso in confronto a quella che avrebbe dovuto sopportare nel tugurio paterno. Devo dire soltanto che il bravo ometto a volte mi sorprendeva con strane crisi di tristezza precoce, e che ben presto manifestò una passione smodata per lo zucchero e per i liquori; al punto che un giorno in cui constatai che, nonostante i miei numerosi avvertimenti, aveva commesso un altro dei suoi furtarelli, lo minacciai di rimandarlo dai suoi genitori. Poi uscii, e i miei impegni mi trattennero fuori di casa piuttosto a lungo.
«Quali non furono il mio orrore e la mia meraviglia quando per prima cosa, appena entrato, i miei occhi caddero sul corpo di quel bravo ometto, il vispo compagno della mia vita, che si era impiccato allo sportello dell'armadio! I suoi piedi toccavano quasi il pavimento; una sedia, che evidentemente aveva spinto via col piede, era rovesciata accanto a lui; le convulsioni gli avevano piegato la testa verso la spalla; il viso enfiato, e gli occhi sbarrati in una fissità spaventosa, mi diedero per un istante l'illusione che fosse ancora vivo. Tirarlo giù non era affatto un'impresa facile come si potrebbe credere. Si era già molto irrigidito, e io avevo un'inspiegabile ripugnanza a farlo cadere a terra di colpo. Bisognava, con un braccio, sostenerne tutto il peso, e tagliare con l'altra mano la corda. Ma, fatto questo, non era finito; quel piccolo mostro si era servito di una cordicella molto sottile, che era entrata a fondo nella carne, e ora, per liberargli il collo, bisognava andarla a cercare con delle forbicine nel gonfiore in cui era affondata.
«Ho dimenticato di dire che avevo subito chiamato aiuto; ma tutti i miei vicini si erano rifiutati di venirmi in soccorso, fedeli, in questo, alle abitudini dell'uomo incivilito, che non vuole mai, non so perché, immischiarsi nelle faccende di un impiccato. Alla fine venne un medico, il quale dichiarò che il bambino era morto da parecchie ore.
Quando più tardi dovemmo spogliarlo per la sepoltura, la rigidità cadaverica era tale che, disperando di poter piegare quelle membra, dovemmo strappare e tagliare i vestiti per levarglieli.
«Mosso dall'inveterato desiderio e dall'abitudine professionale di far paura in ogni caso, tanto agli innocenti che ai colpevoli, il commissario davanti al quale dovetti denunciare l'incidente mi guardò di traverso e mi disse:
"Questo è un affare losco".
«Rimaneva una finale incombenza, il cui solo pensiero mi provocava una terribile angoscia: bisognava avvertire i genitori. Le mie gambe si rifiutavano di condurmi da loro. Alla fine trovai il coraggio. Ma, con mia grande sorpresa, la madre restò impassibile; non una lacrima uscì dai suoi occhi. Attribuii questa stranezza all'orrore che doveva provare, e mi ricordai di quel modo di dire: "I dolori più terribili sono muti". Quanto al padre, con un'aria fra abbrutita e trasognata, si limitò a dire: "Dopotutto, forse è meglio così; sarebbe comunque finito male!".
«Intanto il corpo era disteso sul mio divano, e io assistito da una domestica mi occupavo degli ultimi
preparativi, quando la madre entrò nel mio studio. Diceva di voler vedere il cadavere di suo figlio. Io non potevo, in verità, impedirle di ubriacarsi del suo dolore rifiutandole questa estrema e tetra consolazione. Poi mi pregò di mostrarle il posto in cui si era impiccato. "Oh no, signora!" le risposi, "vi farebbe male". E mentre gli occhi mi andavano senza volerlo verso quel funebre armadio, mi accorsi con un disgusto mescolato all'orrore e alla collera, che il chiodo era rimasto conficcato nello sportello, con un lungo pezzo di corda che ancora penzolava. Mi precipitai a strappare queste ultime tracce della sciagura, e mentre stavo per buttarle fuori dalla finestra aperta, la povera donna mi afferrò il braccio e mi disse con una voce irresistibile: "Oh, signore, lasciatemela, ve ne prego! Ve ne supplico!". Mi sembrò che la disperazione l'avesse a tal punto fatta uscire di senno, che ora si inteneriva su quanto era servito da strumento alla morte di suo figlio, e volesse conservarlo come un'orribile e cara reliquia. - E s'impossessò del chiodo e della cordicella.
«Finalmente! Finalmente, tutto era compiuto. Non mi restava che rimettermi al lavoro ancora più intensamente del solito, per scacciare a poco a poco dal mio cervello quel piccolo cadavere che ne occupava ogni angolo, e il cui fantasma mi sfiniva coi suoi grandi occhi fissi. L'indomani, però, ricevetti un pacco di lettere: alcune erano degli inquilini di quella stessa casa, altre venivano dalle case vicine; una dal primo piano, un'altra dal secondo, l'altra dal terzo, e così via; alcune, in stile semischerzoso, come se cercassero di mascherare sotto un apparente tono faceto la sincerità della richiesta; altre, pesantemente sfrontate e sgrammaticate, ma tutte con lo stesso scopo, quello di ottenere da me un pezzetto della funesta e beatifica corda. Fra gli autori di queste lettere, le donne, devo dire, erano più numerose degli uomini; ma nessuna, potete credermi, apparteneva alla classe infima e al volgo. Ho conservato quelle lettere.
«Allora si fece improvvisamente luce nel mio cervello, e capii perché la madre ci teneva tanto a strapparmi di mano la cordicella e con quale tipo di commercio intendeva consolarsi».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:06 pm

Les Vocations

Dans un beau jardin où les rayons d'un soleil automnal semblaient s'attarder à plaisir, sous un ciel déjà verdâtre où des nuages d'or flottaient comme des continents en voyage, quatre beaux enfants, quatre garçons, las de jouer sans doute, causaient entre eux.
L'un disait: "Hier on m'a mené au théâtre. Dans des palais grands et tristes, au fond desquels on voit la mer et le ciel, des hommes et des femmes, sérieux et tristes aussi, mais bien plus beaux et bien mieux habillés que ceux que nous voyons partout, parlent avec une voix chantante. Ils se menacent, ils supplient, ils se désolent, et ils appuient souvent leur main sur un poignard enfoncé dans leur ceinture. Ah! c'est bien beau! Les femmes sont bien plus belles et bien plus grandes que celles qui viennent nous voir à la maison, et, quoique avec leurs grands yeux creux et leurs joues enflammées elles aient l'air terrible, on ne peut pas s'empêcher de les aimer. On a peur, on a envie de pleurer, et cependant l'on est content... Et puis, ce qui est plus singulier, cela donne envie d'être habillé de même, de dire et de faire les mêmes choses, et de parler avec la même voix..."
L'un des quatre enfants, qui depuis quelques secondes n'écoutait plus le discours de son camarade et observait avec une fixité étonnante je ne sais quel point du ciel, dit tout à coup: - "Regardez, regardez là-bas...! Le voyez-vous? Il est assis sur ce petit nuage isolé, ce petit nuage couleur de feu, qui marche doucement. Lui aussi, on dirait qu'il nous regarde."
"Mais qui donc?" demandèrent les autres.
"Dieu!" répondit-il avec un accent parfait de conviction. "Ah! il est déjà bien loin; tout à l'heure vous ne pourrez plus le voir. Sans doute il voyage, pour visiter tous les pays. Tenez, il va passer derrière cette rangée d'arbres qui est presque à l'horizon... et maintenant il descend derrière le clocher... Ah! on ne le voit plus!" Et l'enfant resta longtemps tourné du même côté, fixant sur la ligne qui sépare la terre du ciel des yeux où brillait une inexprimable expression d'extase et de regret.
"Est-il bête, celui-là, avec son bon Dieu, que lui seul peut apercevoir!" dit alors le troisième, dont toute la petite personne était marquée d'une vivacité et d'une vitalité singulières. "Moi, je vais vous raconter comment il m'est arrivé quelque chose qui ne vous est jamais arrivé, et qui est un peu plus intéressant que votre théâtre et vos nuages. - Il y a quelques jours, mes parents m'ont emmené en voyage avec eux, et, comme dans l'auberge où nous nous sommes arrêtés, il n'y avait pas assez de lits pour nous tous, il a été décidé que je dormirais dans le même lit que ma bonne." - Il attira ses camarades plus près de lui, et parla d'une voix plus basse. - "Ça fait un singulier effet, allez, de n'être pas couché seul et d'être dans un lit avec sa bonne, dans les ténèbres. Comme je ne dormais pas, je me suis amusé, pendant qu'elle dormait, à passer ma main sur ses bras, sur son cou et sur ses épaules. Elle a les bras et le cou bien plus gros que toutes les autres femmes, et la peau en est si douce, si douce, qu'on dirait du papier à lettre ou du papier de soie. J'y avais tant de plaisir que j'aurais longtemps continué, si je n'avais pas eu peur, peur de la réveiller d'abord, et puis encore peur de je ne sais quoi. Ensuite j'ai fourré ma tête dans ses cheveux qui pendaient dans son dos, épais comme une crinière, et ils sentaient aussi bon, je vous assure, que les fleurs du jardin, à cette heure-ci. Essayez, quand vous pourrez, d'en faire autant que moi, et vous verrez!"
Le jeune auteur de cette prodigieuse révélation avait, en faisant son récit, les yeux écarquillés par une sorte de stupéfaction de ce qu'il éprouvait encore, et les rayons du soleil couchant, en glissant à travers les boucles rousses de sa chevelure ébouriffée, y allumaient comme une auréole sulfureuse de passion. Il était facile de deviner que celui-là ne perdrait pas sa vie à chercher la Divinité dans les nuées, et qu'il la trouverait fréquemment ailleurs.
Enfin le quatrième dit: "Vous savez que je ne m'amuse guère à la maison; on ne me mène jamais au spectacle; mon tuteur est trop avare; Dieu ne s'occupe pas de moi et de mon ennui, et je n'ai pas une belle bonne pour me dorloter. Il m'a souvent semblé que mon plaisir serait d'aller toujours droit devant moi, sans savoir où, sans que personne s'en inquiète, et de voir toujours des pays nouveaux. Je ne suis jamais bien nulle part, et je crois toujours que je serais mieux ailleurs que là où je suis. Eh bien! j'ai vu, à la dernière foire du village voisin, trois hommes qui vivent comme je voudrais vivre. Vous n'y avez pas fait attention, vous autres. Ils étaient grands, presque noirs et très fiers, quoique en guenilles, avec l'air de n'avoir besoin de personne. Leurs grands yeux sombres sont devenus tout à fait brillants pendant qu'ils faisaient de la musique; une musique si surprenante qu'elle donne envie tantôt de danser, tantôt de pleurer, ou de faire les deux à la fois, et qu'on deviendrait comme fou si on les écoutait trop longtemps. L'un, en traînant son archet sur son violon, semblait raconter un chagrin, et l'autre, en faisant sautiller son petit marteau sur les cordes d'un petit piano suspendu à son cou par une courroie, avait l'air de se moquer de la plainte de son voisin, tandis que le troisième choquait, de temps à autre, ses cymbales avec une violence extraordinaire. Ils étaient si contents d'eux-mêmes, qu'ils ont continué à jouer leur musique de sauvages, même après que la foule s'est dispersée. Enfin ils ont ramassé leurs sous, ont chargé leur bagage sur leur dos, et sont partis. Moi, voulant savoir où ils demeuraient, je les ai suivis de loin, jusqu'au bord de la forêt, où j'ai compris seulement alors qu'ils ne demeuraient nulle part.
"Alors l'un a dit: "Faut-il déployer la tente?
"- Ma foi! non! a répondu l'autre, il fait une si belle nuit!"
"Le troisième disait en comptant la recette: "Ces gens-là ne sentent pas la musique, et leurs femmes dansent comme des ours. Heureusement, avant un mois nous serons en Autriche, où nous trouverons un peuple plus aimable.
"- Nous ferions peut-être mieux d'aller vers l'Espagne, car voici la saison qui s'avance; fuyons avant les pluies et ne mouillons que notre gosier", a dit un des deux autres.
"J'ai tout retenu, comme vous voyez. Ensuite ils ont bu chacun une tasse d'eau-de-vie et se sont endormis, le front tourné vers les étoiles. J'avais eu d'abord envie de les prier de m'emmener avec eux et de m'apprendre à jouer de leurs instruments; mais je n'ai pas osé, sans doute parce qu'il est toujours très difficile de se décider à n'importe quoi, et aussi parce que j'avais peur d'être rattrapé avant d'être hors de France."
L'air peu intéressé des trois autres camarades me donna à penser que ce petit était déjà un incompris. Je le regardais attentivement; il y avait dans son oeil et dans son front ce je ne sais quoi de précocement fatal qui éloigne généralement la sympathie, et qui, je ne sais pourquoi, excitait la mienne, au point que j'eus un instant l'idée bizarre que je pouvais avoir un frère à moi-même inconnu.
Le soleil s'était couché. La nuit solennelle avait pris place. Les enfants se séparèrent, chacun allant, à son insu, selon les circonstances et les hasards, mûrir sa destinée, scandaliser ses proches et graviter vers la gloire ou vers le déshonneur.


Le vocazioni

In un bel giardino dove i raggi del sole autunnale sembravano indugiare a piacere, sotto un cielo verdognolo dove galleggiavano nubi dorate come continenti in viaggio, quattro bei bambini, quattro ragazzetti stanchi ormai di giocare, chiacchieravano fra loro.
Uno diceva: «Ieri mi hanno portato a teatro. Dentro palazzi grandi e tristi, in fondo ai quali si vede il mare e il cielo, uomini e donne seri e tristi anche loro, ma molto più belli e vestiti molto meglio di quelli che si vedono in giro, parlano come se cantassero. Si minacciano, implorano, si disperano, e spesso tengono la mano su un pugnale infilato alla cintura. Ah, come è bello! Le donne sono molto più belle e alte di quelle che ci vengono a trovare a casa, e pur avendo un aspetto terribile, con i loro occhi infossati e le guance infuocate, è impossibile non amarle. Si ha paura, viene voglia di piangere, eppure si è contenti... E la cosa più strana è che viene voglia di essere vestiti allo stesso modo, di dire e di fare le stesse cose, di parlare con la stessa voce...».
Uno dei quattro bambini, che già da qualche secondo non stava più a sentire il discorso del suo compagno e osservava con una impressionante fissità non so quale punto del cielo, disse all'improvviso:
«Guardate, guardate laggiù...! Lo vedete? È seduto su quella piccola nuvola isolata, su quella nuvola infuocata che si muove appena. Si direbbe che anche lui ci stia guardando».
«Ma chi?» chiesero gli altri.
«Dio!» rispose il ragazzo con un tono assolutamente convinto. «Ah! ormai si è allontanato; fra un momento non riuscirete più a vederlo. È certamente in viaggio per visitare tutti i paesi. Ecco, sta per passare dietro quella fila di alberi, quasi all'orizzonte..., e ora scende dietro il campanile... Ah, non si vede più!». Il bambino restò a lungo girato da quella parte a fissare la linea che separa la terra dal cielo, e nei suoi occhi brillava un'espressione ineffabile di estasi e di rimpianto.
«Quanto è stupido, quello, con il suo Dio che solo lui riesce a vedere!» disse allora il terzo, la cui figura minuta era tutta animata da una vivacità e vitalità particolare. «Adesso vi racconto come mi è successa una cosa che a voi non è mai successa, un po' più interessante del vostro teatro e delle vostre nuvole. - Qualche giorno fa i miei genitori mi hanno portato in viaggio con loro, e dato che nell'albergo dove ci siamo fermati non c'erano abbastanza letti per tutti, si è deciso che io avrei dormito nello stesso letto con la mia governante». Si avvicinò ai suoi compagni e parlò a voce più bassa. «Fa proprio una strana impressione non dormire da soli e stare a letto con la propria governante, al buio. E dato che non dormivo, mentre lei dormiva mi sono divertito a passarle la mano sulle braccia, sul collo, sulle spalle. Ha le braccia e il collo più grossi delle altre donne, e una pelle così liscia, così liscia che sembra carta da lettera, carta velina. Ci provavo così gusto che avrei continuato ancora se non avessi avuto paura: anzitutto paura di svegliarla, e poi paura di non so che cosa. Più tardi ho strofinato la testa in mezzo ai suoi capelli, che le scendevano sulle spalle fitti come una criniera, e vi giuro che odoravano come i fiori del giardino a quest'ora. Provate a fare quello che ho fatto io, quando vi capita, e ve ne accorgerete!».
Nel fare il suo racconto, il giovane autore di questa prodigiosa rivelazione aveva gli occhi spalancati in una sorta di stupefazione per quello che ancora provava, e i raggi del sole al tramonto, scivolando fra i boccoli rossi della sua capigliatura arruffata, vi accendevano un'aureola sulfurea di passione. Era facile indovinare che quello lì non avrebbe passato la vita a cercare la Divinità sulle nuvole, e che l'avrebbe frequentemente trovata altrove.
Infine il quarto disse: «Come sapete, a casa mia ho poco da divertirmi; non mi portano mai a uno spettacolo; il mio tutore è troppo avaro; Dio non si occupa né di me né della mia noia, e non ho una bella governante per le carezze.
Spesso ho avuto la sensazione che mi piacerebbe andarmene sempre diritto davanti a me, senza sapere dove, senza che nessuno se ne preoccupi, e vedere paesi sempre nuovi. Non mi trovo mai bene da nessuna parte, e mi pare sempre che mi troverei meglio in un posto diverso da quello in cui sto. All'ultima fiera, al paese vicino, ho visto tre uomini che vivono come vorrei vivere io! Voi non ci avete fatto caso. Erano alti, quasi negri e molto fieri, anche se vestiti di stracci, e con l'aria di chi non ha bisogno di nessuno. I loro grandi occhi cupi sono diventati completamente luminosi quando si sono messi a suonare; una musica straordinaria, che faceva venire voglia di ballare o di piangere o delle due cose insieme, come se si potesse diventare pazzi ascoltandola troppo a lungo. Uno di loro, spingendo l'archetto, sembrava che raccontasse una storia dolorosa, e l'altro, facendo saltellare un martelletto sulle corde di una tastiera sospesa al collo con una cinghia, sembrava che prendesse in giro il lamento del suo vicino; mentre il terzo batteva di tanto in tanto i piatti con una violenza straordinaria. Erano così contenti di se stessi, che hanno continuato a suonare la loro musica selvaggia anche dopo che la folla se n'era andata. Alla fine, hanno raccattato i loro soldi, si sono caricati il loro bagaglio sulle spalle e se ne sono andati. Io volevo sapere dove alloggiavano, e così li ho seguiti da lontano, fino ai margini del bosco, e solo allora ho capito che non alloggiavano in nessun posto.
«Uno di loro ha detto: "Dobbiamo aprire la tenda?".
«"Per me, no!" ha risposto l'altro, "è una notte così bella!"
«Il terzo, contando i soldi diceva: "Questa gente non sente la musica, e le donne ballano come orsi. Per fortuna entro un mese saremo in Austria, là troveremo una popolazione più simpatica".
«"Forse sarebbe meglio andare verso la Spagna; ormai la stagione buona sta per finire. Andiamocene via, prima che arrivino le piogge; è meglio che ci bagnammo solo la gola", ha detto uno degli altri.
«Vedete? mi ricordo tutto. Poi si sono bevuti una tazza d'acquavite ciascuno e si sono addormentati con la faccia rivolta verso le stelle. All'inizio mi era venuta voglia di pregarli di portarmi con loro e d'insegnarmi a suonare i loro strumenti; ma non ho avuto coraggio, perché è sempre difficile decidersi a fare qualunque cosa, e poi anche perché avevo paura di essere riacchiappato prima di essere fuori dalla Francia».
L'espressione poco interessata degli altri tre compagni mi fece pensare che questo ragazzetto era già un incompreso. Lo guardavo attentamente; aveva negli occhi e sulla fronte quel non so che di precocemente fatale che di solito allontana la simpatia e che, non so perché, suscitava la mia, al punto che ebbi per un istante l'idea bizzarra che forse avevo un fratello sconosciuto.
Il sole era tramontato. E la notte aveva solennemente preso il suo posto. I ragazzi si separarono, andando ognuno, senza saperlo, secondo le circostanze e secondo i casi, a maturare il proprio destino, a scandalizzare il prossimo, a gravitare verso la gloria o verso il disonore.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:09 pm

Le thyrse

A Franz Liszt.

Qu'est-ce qu'un thyrse? Selon le sens moral et poétique, c'est un emblème sacerdotal dans la main des prêtres ou des prêtresses célébrant la divinité dont ils sont les interprètes et les serviteurs. Mais physiquement ce n'est qu'un bâton, un pur bâton, perche à houblon, tuteur de vigne, sec, dur et droit. Autour de ce bâton, dans des méandres capricieux, se jouent et folâtrent des tiges et des fleurs, celles-ci sinueuses et fuyardes, celles-là penchées comme des cloches ou des coupes renversées. Et une gloire étonnante jaillit de cette complexité de lignes et de couleurs, tendres ou éclatantes. Ne dirait-on pas que la ligne courbe et la spirale font leur cour à la ligne droite et dansent autour dans une muette adoration? Ne dirait-on pas que toutes ces corolles délicates, tous ces calices, explosions de senteurs et de couleurs, exécutent un mystique fandango autour du bâton hiératique? Et quel est, cependant, le mortel imprudent qui osera décider si les fleurs et les pampres ont été faits pour le bâton, ou si le bâton n'est que le prétexte pour montrer la beauté des pampres et des fleurs? Le thyrse est la représentation de votre étonnante dualité, maître puissant et vénéré, cher Bacchant de la Beauté mystérieuse et passionnée. Jamais nymphe exaspérée par l'invincible Bacchus ne secoua son thyrse sur les têtes de ses compagnes affolées avec autant d'énergie et de caprice que vous agitez votre génie sur les coeurs de vos frères. - Le bâton, c'est votre volonté, droite, ferme et inébranlable; les fleurs, c'est la promenade de votre fantaisie autour de votre volonté; c'est l'élément féminin exécutant autour du mâle ses prestigieuses pirouettes. Ligne droite et ligne arabesque, intention et expression, roideur de la volonté, sinuosité du verbe, unité du but, variété des moyens, amalgame tout-puissant et indivisible du génie, quel analyste aura le détestable courage de vous diviser et de vous séparer?
Cher Liszt, à travers les brumes, par-delà les fleuves, par-dessus les villes où les pianos chantent votre gloire, où l'imprimerie traduit votre sagesse, en quelque lieu que vous soyez, dans les splendeurs de la ville éternelle ou dans les brumes des pays rêveurs que console Cambrinus, improvisant des chants de délectation ou d'ineffable douleur, ou confiant au papier vos méditations abstruses, chantre de la Volupté et de l'Angoisse éternelles, philosophe, poète et artiste, je vous salue en l'immortalité!


Il tirso

A Franz Liszt

Che cos'è un tirso? In senso morale e poetico, è un emblema religioso in mano a sacerdoti e sacerdotesse celebranti la divinità di cui sono gli interpreti e i servitori. Ma fisicamente è solo un bastone, un semplice bastone, pertica da luppolo, palo da vigna, secco, duro e diritto. Intorno a questo bastone, in capricciose volute, giocano e folleggiano steli e fiori, questi sinuosi e sfuggenti, quelli inclinati come campanule o coppe rovesciate. E una gloria sorprendente si sprigiona da questa complessità di linee e di colori, teneri o squillanti. Non si direbbe forse che la linea curva e la spirale facciano la corte alla linea diritta, e le danzino intorno in muta adorazione? E che tutte quelle corolle delicate, tutti quei calici, esplosione di effluvii e di colori, eseguano un mistico fandango intorno al bastone ieratico? E, comunque, quale imprudente mortale oserebbe stabilire se i fiori e i pampini sono stati fatti per il bastone, o se il bastone è solo il pretesto per mostrare la bellezza dei pampini e dei fiori? Il tirso è la rappresentazione della vostra sorprendente dualità, potente e venerato maestro, caro Baccante della Bellezza misteriosa e appassionata. Mai ninfa esasperata dall'invincibile Bacco agitò il tirso sulle teste delle sue compagne invasate con la capricciosa energia con la quale voi agitate il vostro genio sui cuori dei vostri fratelli. - Il bastone è la vostra volontà: diritta, ferma, incrollabile. I fiori sono la passeggiata della vostra fantasia intorno alla vostra volontà: l'elemento femminile che esegue intorno al maschio le sue miserabili piroette. Linea diritta e linea arabesca, intenzione ed espressione, rigore della volontà, sinuosità della parola, unità del fine, varietà dei mezzi, amalgama onnipotente e indivisibile del genio, quale analista avrà il detestabile coraggio di dividervi e di separarvi?
Caro Liszt, attraverso le brume, al di là dei fiumi, al di sopra delle città dove i pianoforti cantano la vostra gloria, dove la stampa traduce la vostra saggezza, dovunque voi siate, negli splendori della città eterna o nelle nebbie dei paesi sognanti che Gambrinus consola, a improvvisare canti di diletto o di ineffabile dolore, o ad affidare alla carta le vostre astruse meditazioni, cantore della Voluttà e dell'Angoscia eterne, filosofo, poeta e artista, io vi saluto nell'immortalità!

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:11 pm

Enivrez-vous

Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront: "Il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."


Ubriacatevi

Bisogna sempre essere ubriachi. Tutto qui: è l'unico problema. Per non sentire l'orribile fardello del Tempo che vi spezza la schiena e vi piega a terra, dovete ubriacarvi senza tregua.
Ma di che cosa? Di vino, di poesia o di virtù: come vi pare. Ma ubriacatevi.
E se talvolta, sui gradini di un palazzo, sull'erba verde di un fosso, nella tetra solitudine della vostra stanza, vi risvegliate perché l'ebbrezza è diminuita o scomparsa, chiedete al vento, alle stelle, agli uccelli, all'orologio, a tutto ciò che fugge, a tutto ciò che geme, a tutto ciò che scorre, a tutto ciò che canta, a tutto ciò che parla, chiedete che ora è; e il vento, le onde, le stelle, gli uccelli, l'orologio, vi risponderanno: «È ora di ubriacarsi! Per non essere gli schiavi martirizzati del Tempo, ubriacatevi, ubriacatevi sempre! Di vino, di poesia o di virtù, come vi pare».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:13 pm

Déjà

Cent fois déjà le soleil avait jailli, radieux ou attristé, de cette cuve immense de la mer dont les bords ne se laissent qu'à peine apercevoir; cent fois il s'était replongé, étincelant ou morose, dans son immense bain du soir. Depuis nombre de jours, nous pouvions contempler l'autre côté du firmament et déchiffrer l'alphabet céleste des antipodes. Et chacun des passagers gémissait et grognait. On eût dit que l'approche de la terre exaspérait leur souffrance. "Quand donc", disaient-ils, "cesserons-nous de dormir un sommeil secoué par la lame, troublé par un vent qui ronfle plus haut que nous? Quand pourrons-nous manger de la viande qui ne soit pas salée comme l'élément infâme qui nous porte? Quand pourrons-nous digérer dans un fauteuil immobile?"
Il y en avait qui pensaient à leur foyer, qui regrettaient leurs femmes infidèles et maussades, et leur progéniture criarde. Tous étaient si affolés par l'image de la terre absente, qu'ils auraient, je crois, mangé de l'herbe avec plus d'enthousiasme que les bêtes.
Enfin un rivage fut signalé; et nous vîmes, en approchant, que c'était une terre magnifique, éblouissante. Il semblait que les musiques de la vie s'en détachaient en un vague murmure, et que de ces côtes, riches en verdures de toute sorte, s'exhalait, jusqu'à plusieurs lieues, une délicieuse odeur de fleurs et de fruits.
Aussitôt chacun fut joyeux, chacun abdiqua sa mauvaise humeur. Toutes les querelles furent oubliées, tous les torts réciproques pardonnés; les duels convenus furent rayés de la mémoire, et les rancunes s'envolèrent comme des fumées.
Moi seul j'étais triste, inconcevablement triste. Semblable à un prêtre à qui on arracherait sa divinité, je ne pouvais, sans une navrante amertume, me détacher de cette mer si monstrueusement séduisante, de cette mer si infiniment variée dans son effrayante simplicité, et qui semble contenir en elle et représenter par ses jeux, ses allures, ses colères et ses sourires, les humeurs, les agonies et les extases de toutes les âmes qui ont vécu, qui vivent et qui vivront!
En disant adieu à cette incomparable beauté, je me sentais abattu jusqu'à la mort; et c'est pourquoi, quand chacun de mes compagnons dit: "Enfin!" je ne pus crier que: "Déjà!"
Cependant c'était la terre, la terre avec ses bruits, ses passions, ses commodités, ses fêtes; c'était une terre riche et magnifique, pleine de promesses, qui nous envoyait un mystérieux parfum de rose et de musc, et d'où les musiques de la vie nous arrivaient en un amoureux murmure.


Di già!

Cento volte il sole era già sorto, radioso o rattristato, da quell'immensa conca del mare i cui bordi si lasciano appena scorgere; cento volte si era rituffato, scintillante o mesto, nel suo immenso bagno serale. Da parecchi giorni, potevamo contemplare l'altro lato del firmamento e decifrare l'alfabeto celeste degli antipodi. E ogni passeggero si lamentava e gemeva. Si sarebbe detto che l'approssimarsi della terra esasperasse la sofferenza di tutti. «Quando la finiremo», dicevano, «di dormire un sonno agitato dalle onde, turbato da un vento che russa più forte di noi? Quando potremo mangiare della carne che non sia salata come l'infame elemento che ci porta? Quando potremo digerire su una poltrona immobile?».
Alcuni pensavano al proprio focolare, altri rimpiangevano le mogli infedeli e imbronciate, e la loro prole urlante. Erano tutti così fuori di sé per la visione della terra assente, che si sarebbero messi, credo, a brucare l'erba con più entusiasmo delle bestie.
Finalmente fu segnalata una riva; e vedemmo, avvicinandoci, che era una terra magnifica, abbagliante di luce.
Sembrava che le musiche della vita se ne staccassero in un vago mormorio, e che dalle coste, ricche di ogni specie di verde, esalasse fino a parecchie leghe di distanza un odore delizioso di fiori e di frutti.
Tutti diventarono immediatamente felici, ognuno rinunciò al suo cattivo umore. Tutte le liti furono dimenticate, tutti i torti reciproci perdonati; i duelli già stabiliti furono cancellati dalla memoria, e i rancori svanirono come fumo.
Solo io ero triste, inconcepibilmente triste. Come un prete a cui hanno strappato la sua divinità, non potevo staccarmi senza una straziante amarezza da quel mare così infinitamente vario nella sua spaventosa semplicità, che sembra contenere in sé e rappresentare con i suoi giochi, i suoi movimenti, le sue ire e i suoi sorrisi, gli umori, le agonie e le estasi di tutte le anime che sono vissute, che vivono e che vivranno!
Dicendo addio a quell'incomparabile bellezza, mi sentivo mortalmente prostrato; ed è per questo che quando tutti i miei compagni dissero: «Finalmente!» io non potei che gridare: «Di già!».
E tuttavia era la terra, la terra con i suoi rumori, le sue passioni, le sue comodità, le sue feste; era una terra ricca e magnifica, piena di promesse, che ci mandava un misterioso profumo di rosa e di muschio, e da cui le musiche della vita arrivavano a noi in un amoroso sussurro.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:15 pm

Les Fenêtres

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous: "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?" Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis?


Le finestre

Chi guarda da fuori attraverso una finestra aperta non vede mai tante cose quante ne vede chi guarda una finestra chiusa. Non c'è oggetto più profondo, più misterioso, più fecondo, più tenebroso, più abbagliante di una finestra illuminata da una candela. Ciò che si può vedere alla luce del sole è sempre meno interessante di quello che avviene dietro un vetro. In questo buco nero o luminoso, vive la vita, sogna la vita, soffre la vita.
Al di là delle onde dei tetti, scorgo una donna matura, povera, già invecchiata, sempre curva su qualcosa, che non esce mai. Con il suo viso, il suo vestito, i suoi gesti, senza sapere quasi niente, io ripercorro la storia, o piuttosto la leggenda, di questa donna, e a volte la racconto a me stesso piangendo.
Se fosse stato un povero vecchio, avrei ricostruito la sua altrettanto facilmente.
Così me ne vado a letto, fiero di aver vissuto e sofferto in qualcuno che non sono io.
Forse mi direte: «Sei proprio sicuro che la leggenda sia quella vera?». Ma che cosa importa la realtà, se la mia leggenda mi ha aiutato a vivere, a sentire che io sono, e ciò che sono.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:17 pm

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l'homme, mais heureux l'artiste que le désir déchire!
Je brûle de peindre celle qui m'est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu'elle a disparu!
Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante. En elle le noir abonde: et tout ce qu'elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l'éclair: c'est une explosion dans les ténèbres.
Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l'a marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d'une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée!
Dans son petit front habitent la volonté tenace et l'amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l'inconnu et l'impossible, éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d'une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d'une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.
Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.


Il desiderio di dipingere

Infelice forse l'uomo, ma felice l'artista che è dilaniato dal desiderio!
Io ardo dal desiderio di dipingere colei che mi è apparsa così raramente e che così presto è fuggita come una cosa bella da rimpiangere che nella notte il viaggiatore perde dietro di sé. Quanto tempo è passato, ormai, da quando è scomparsa!
È bella, e più che bella: è sorprendente. In lei abbonda il nero: e tutto ciò che ispira è notturno e profondo. I suoi occhi sono due antri in cui lampeggia e vaga il mistero. Il suo sguardo illumina come il lampo: è un'esplosione nelle tenebre.
Potrei paragonarla a un sole nero, se si potesse concepire un astro buio che riversa luce e felicità. Ma ancora di più fa pensare alla luna, che certo l'ha segnata col suo temibile influsso. Non la bianca luna degli idilli, che sembra una fredda sposa, ma la luna sinistra e inebriante nel fondo di una notte tempestosa, sospinta dalle nuvole in corsa; non la luna placida e discreta che visita il sonno dei puri, ma la luna strappata dal cielo, vinta e ribelle, che le Streghe della Tessaglia costringono senza pietà a danzare sull'erba atterrita.
Nella sua piccola fronte abitano la volontà tenace e l'amore di preda. E tuttavia, in fondo a questo viso inquietante, dove le mobili narici respirano l'ignoto e l'impossibile, splende con una grazia inesprimibile il riso di una grande bocca, rossa e bianca, e deliziosa, che fa sognare il miracolo di uno splendido fiore sbocciato in un terreno vulcanico.
Ci sono donne che ispirano la voglia di vincerle e di goderle. Questa dà il desiderio di morire lentamente sotto il suo sguardo.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:19 pm

Les Bienfaits de la Lune

La Lune, qui est le caprice même, regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit: "Cette enfant me plaît."
Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère, et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes, et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis; et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l'envie de pleurer.
Cependant, dans l'expansion de sa joie, la Lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux; et toute cette lumière vivante pensait et disait: "Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière. Tu aimeras ce que j'aime et ce qui m'aime: l'eau, les nuages, le silence et la nuit; la mer immense et verte; l'eau uniforme et multiforme; le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas; les fleurs monstrueuses; les parfums qui font délirer; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d'une voix rauque et douce!
"Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l'eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas, la femme qu'ils ne connaissent pas, les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie."
Et c'est pour cela, maudite chère enfant gâtée, que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques.


I benefici della luna

Mentre dormivi nella tua culla, la Luna, che è il capriccio in persona, guardò dalla finestra e disse: «Questa bambina mi piace».
Discese languidamente la sua scala di nuvole, e passò senza far rumore attraverso i vetri. Poi si stese su di te con la morbida tenerezza di una madre, e depose i suoi colori sulla tua faccia. Così le tue pupille sono rimaste verdi, e le tue guance straordinariamente pallide. Contemplando quella visitatrice i tuoi occhi si sono così bizzarramente ingranditi; e lei ti ha così teneramente serrato la gola che ti è rimasta per sempre la voglia di piangere.
Nell'espansione della sua gioia, la Luna continuava a riempire tutta la stanza di un'atmosfera fosforescente, di un veleno luminoso; e tutta quella viva luce pensava e diceva: «Subirai eternamente l'influsso del mio bacio. Sarai bella a modo mio. Amerai ciò che io amo e ciò che mi ama: l'acqua, le nuvole, il silenzio e la notte; il mare immenso e verde; l'acqua informe e multiforme; il luogo in cui non sei; l'amante che non conosci; i fiori mostruosi; i profumi che fanno delirare; i gatti che si beano sui pianoforti e che gemono come donne, con voce roca e dolce.«E sarai amata dai miei amanti, corteggiata da chi mi fa la corte. Sarai la regina di chi ha gli occhi verdi, di coloro a cui ho stretto la gola con le mie carezze notturne; di coloro che amano il mare, il mare immenso, tumultuoso e verde, l'acqua informe e multiforme, il luogo in cui non sono, la donna che non conoscono, i fiori sinistri che somigliano ai turiboli di una religione ignota, i profumi che turbano la volontà, e gli animali selvaggi e voluttuosi che sono gli emblemi della loro follia».
Ed è per questo, maledetta e cara bambina viziata, che io ora sono ai tuoi piedi, e cerco in tutta la tua persona il riflesso della temibile Divinità, della fatidica madrina, dell'intossicante madrina di tutti i lunatici!

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:21 pm

Laquelle est la vraie ?

J'ai connu une certaine Bénédicta, qui remplissait l'atmosphère d'idéal, et dont les yeux répandaient le désir de la grandeur, de la beauté, de la gloire et de tout ce qui fait croire à l'immortalité.
Mais cette fille miraculeuse était trop belle pour vivre longtemps; aussi est-elle morte quelques jours après que j'eus fait sa connaissance, et c'est moi-même qui l'ai enterrée, un jour que le printemps agitait son encensoir jusque dans les cimetières. C'est moi qui l'ai enterrée, bien close dans une bière d'un bois parfumé et incorruptible comme les coffres de l'Inde.
Et comme mes yeux restaient fichés sur le lieu où était enfoui mon trésor, je vis subitement une petite personne qui ressemblait singulièrement à la défunte, et qui, piétinant sur la terre fraîche avec une violence hystérique et bizarre, disait en éclatant de rire: "C'est moi, la vraie Bénédicta! C'est moi, une fameuse canaille! Et pour la punition de ta folie et de ton aveuglement, tu m'aimeras telle que je suis!"
Mais moi, furieux, j'ai répondu: "Non! non! non!" Et pour mieux accentuer mon refus, j'ai frappé si violemment la terre du pied que ma jambe s'est enfoncée jusqu'au genou dans la sépulture récente, et que, comme un loup pris au piège, je reste attaché, pour toujours peut-être, à la fosse de l'idéal.


Qual è la vera?

Ho conosciuto una certa Benedicta, che riempiva l'atmosfera di ideale, e i cui occhi spandevano il desiderio della grandezza, della bellezza, della gloria e di tutto ciò che fa credere all'immortalità...
Ma questa ragazza miracolosa era troppo bella per vivere a lungo; così è morta qualche giorno dopo che l'avevo conosciuta, e io stesso l'ho seppellita, un giorno che la primavera agitava il suo incensiere perfino nei cimiteri.
Sono io che l'ho seppellita, ben chiusa in una bara di legno profumato e incorruttibile come i forzieri dell'India.
E mentre gli occhi mi restavano fissi sul luogo in cui era sparito il mio tesoro, vidi ad un tratto una personcina che somigliava singolarmente alla defunta, e che, pestando sulla terra fresca con una violenza isterica e bizzarra, diceva scoppiando a ridere: «Sono io la vera Benedicta! Sono io, la famosa canaglia! E per punizione della tua follia e del tuo accecamento, tu mi amerai così come sono!».
Ma io, furibondo, ho risposto: «No! no! no!». E per meglio accentuare il mio rifiuto, ho pestato con il piede così violentemente la terra, che la mia gamba è affondata fino al ginocchio nella recente sepoltura, e, come un lupo preso in trappola, resto attaccato, forse per sempre, alla fossa dell'ideale.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:23 pm

Un Cheval de race

Elle est bien laide. Elle est délicieuse pourtant!
Le Temps et l'Amour l'ont marquée de leurs griffes et lui ont cruellement enseigné ce que chaque minute et chaque baiser emportent de jeunesse et de fraîcheur.
Elle est vraiment laide; elle est fourmi, araignée, si vous voulez, squelette même; mais aussi elle est breuvage, magistère, sorcellerie! en somme, elle est exquise.
Le Temps n'a pu rompre l'harmonie pétillante de sa démarche ni l'élégance indestructible de son armature. L'Amour n'a pas altéré la suavité de son haleine d'enfant; et le Temps n'a rien arraché de son abondante crinière d'où s'exhale en fauves parfums toute la vitalité endiablée du Midi français: Nîmes, Aix, Arles, Avignon, Narbonne, Toulouse, villes bénies du soleil, amoureuses et charmantes!
Le Temps et l'Amour l'ont vainement mordue à belles dents; ils n'ont rien diminué du charme vague, mais éternel, de sa poitrine garçonnière.
Usée peut-être, mais non fatiguée, et toujours héroïque, elle fait penser à ces chevaux de grande race que l'oeil du véritable amateur reconnaît, même attelés à un carrosse de louage ou à un lourd chariot.
Et puis elle est si douce et si fervente! Elle aime comme on aime en automne; on dirait que les approches de l'hiver allument dans son coeur un feu nouveau, et la servilité de sa tendresse n'a jamais rien de fatigant.


Un cavallo di razza

Certo è brutta. Eppure è deliziosa!
Il Tempo e l'Amore l'hanno marcata con i loro artigli e le hanno crudelmente insegnato ciò che ogni minuto e ogni bacio portano via di gioventù e di freschezza.
È veramente brutta. È formica, è ragno, se volete; è perfino scheletro. Ma è anche pozione, magistero, stregata magia! Insomma, è squisita.
Il Tempo non è riuscito a rompere l'armonia spumeggiante del suo passo, né l'eleganza indistruttibile della sua struttura. L'Amore non ha alterato la soavità del suo fiato di bambina; e il Tempo non ha portato via nulla alla sua abbondante criniera da cui esala in selvaggi profumi tutta la vitalità indiavolata del Sud della Francia: Nîmes, Aix, Arles, Avignon, Narbonne, Toulouse, città benedette dal sole, innamorate e incantevoli!
Il Tempo e l'Amore l'hanno morsa invano finché hanno voluto; non hanno affatto diminuito il fascino vago ma eterno del suo petto da ragazzo.
Sciupata forse, ma non stanca, e sempre eroica, fa pensare a quei cavalli di razza che l'occhio del vero amatore sa riconoscere anche attaccati a una carrozza di piazza o a un pesante carro.
E poi è così dolce, così fervida! Ama come si ama in autunno; si direbbe che l'approssimarsi dell'inverno accenda nel suo cuore un fuoco nuovo, e nella sottomissione della sua tenerezza non c'è mai niente che stanchi.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:25 pm

Le miroir

Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.
"- Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez vous y voir qu'avec déplaisir?" L'homme épouvantable me répond: "- Monsieur, d'après les immortels principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits; donc je possède le droit de me mirer; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience."
Au nom du bon sens, j'avais sans doute raison; mais, au point de vue de la loi, il n'avait pas tort.


Lo specchio

Un uomo spaventoso entra e si guarda allo specchio.
«Perché vi guardate allo specchio, se vedervi vi dà solo dispiacere?».
L'uomo spaventoso mi risponde: «Signore, secondo gli immortali princìpi dell'89, tutti gli uomini sono uguali nei loro diritti; e dunque io posseggo il diritto di guardarmi; se con piacere o dispiacere, questo riguarda solo la mia coscienza».
In nome del buon senso, io avevo senza dubbio ragione. Ma dal punto di vista della legge, lui non aveva torto.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:26 pm

Le port

Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.


Il porto

Un porto è un luogo incantevole di soggiorno per un'anima stanca delle lotte della vita. L'ampiezza del cielo, l'architettura mobile delle nuvole, i colori cangianti del mare, il luccichio dei fari, sono un prisma meravigliosamente adatto a distrarre gli occhi senza mai stancarli. Le forme slanciate delle navi, con la loro complicata attrezzatura, alle quali l'onda imprime armoniose oscillazioni, servono a conservare nell'anima il gusto del ritmo e della bellezza. E poi, soprattutto, c'è una sorta di piacere misterioso e aristocratico, per colui che non ha più né curiosità né ambizione, nel contemplare, disteso sul belvedere o appoggiato sul molo, tutti quei movimenti di coloro che partono e di coloro che tornano, di coloro che hanno ancora la forza di volere, il desiderio di viaggiare o di arricchirsi.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:32 pm

Portraits de maîtresses

Dans un boudoir d'hommes, c'est-à-dire dans un fumoir attenant à un élégant tripot, quatre hommes fumaient et buvaient. Ils n'étaient précisément ni jeunes ni vieux, ni beaux ni laids; mais vieux ou jeunes, ils portaient cette distinction non méconnaissable des vétérans de la joie, cet indescriptible je ne sais quoi, cette tristesse froide et railleuse qui dit clairement: "Nous avons fortement vécu, et nous cherchons ce que nous pourrions aimer et estimer."
L'un d'eux jeta la causerie sur le sujet des femmes. Il eût été plus philosophique de n'en pas parler du tout; mais il y a des gens d'esprit qui, après boire, ne méprisent pas les conversations banales. On écoute alors celui qui parle, comme on écouterait de la musique de danse.
"Tous les hommes, disait celui-ci, ont eu l'âge de Chérubin: c'est l'époque où, faute de dryades, on embrasse, sans dégoût, le tronc des chênes. C'est le premier degré de l'amour. Au second degré, on commence à choisir. Pouvoir délibérer, c'est déjà une décadence. C'est alors qu'on recherche décidément la beauté. Pour moi, messieurs, je me fais gloire d'être arrivé, depuis longtemps, à l'époque climatérique du troisième degré où la beauté elle-même ne suffit plus, si elle n'est assaisonnée par le parfum, la parure, et caetera. J'avouerai même que j'aspire quelquefois, comme à un bonheur inconnu, à un certain quatrième degré qui doit marquer le calme absolu. Mais, durant toute ma vie, excepté à l'âge de Chérubin, j'ai été plus sensible que tout autre à l'énervante sottise, à l'irritante médiocrité des femmes. Ce que j'aime surtout dans les animaux, c'est leur candeur. Jugez donc combien j'ai dû souffrir par ma dernière maîtresse.
"C'était la bâtarde d'un prince. Belle, cela va sans dire; sans cela, pourquoi l'aurais-je prise? Mais elle gâtait cette grande qualité par une ambition malséante et difforme. C'était une femme qui voulait toujours faire l'homme. " Vous n'êtes pas un homme! Ah! si j'étais un homme! De nous deux, c'est moi qui suis l'homme! " Tels étaient les insupportables refrains qui sortaient de cette bouche d'où je n'aurais voulu voir s'envoler que des chansons. A propos d'un livre, d'un poème, d'un opéra pour lequel le laissais échapper mon admiration: "Vous croyez peut-être que cela est très fort? disait-elle aussitôt; est-ce que vous vous connaissez en force?" et elle argumentait.
"Un beau jour elle s'est mise à la chimie; de sorte qu'entre ma bouche et la sienne je trouvai désormais un masque de verre. Avec tout cela, fort bégueule. Si parfois je la bousculais par un geste un peu trop amoureux, elle se convulsait comme une sensitive violée...
- Comment cela a-t-il fini? dit l'un des trois autres. Je ne vous savais pas si patient.
- Dieu, reprit-il, mit le remède dans le mal. Un jour je trouvai cette Minerve, affamée de force idéale, en tête à tête avec mon domestique, et dans une situation qui m'obligea à me retirer discrètement pour ne pas les faire rougir. Le soir je les congédiai tous les deux, en leur payant les arrérages de leurs gages.
- Pour moi, reprit l'interrupteur, je n'ai à me plaindre que de moi-même. Le bonheur est venu habiter chez moi, et je ne l'ai pas reconnu. La destinée m'avait, en ces derniers temps, octroyé la jouissance d'une femme qui était bien la plus douce, la plus soumise et la plus dévouée des créatures, et toujours prête! et sans enthousiasme! Je le veux bien, puisque cela vous est agréable. " C'était sa réponse ordinaire. Vous donneriez la bastonnade à ce mur ou à ce canapé, que vous en tireriez plus de soupirs que n'en tiraient du sein de ma maîtresse les élans de l'amour le plus forcené. Après un an de vie commune, elle m'avoua qu'elle n'avait jamais connu le plaisir. Je me dégoûtai de ce duel inégal, et cette fille incomparable se maria. J'eus plus tard la fantaisie de la revoir, et elle me dit, en me montrant six beaux enfants: "Eh bien! mon cher ami, l'épouse est encore aussi vierge que l'était votre maîtresse." Rien n'était changé dans cette personne. Quelquefois je la regrette: j'aurais dû l'épouser."
Les autres se mirent à rire, et un troisième dit à son tour:
"Messieurs, j'ai connu des jouissances que vous avez peut-être négligées. Je veux parier du comique dans l'amour, et d'un comique qui n'exclut pas l'admiration. J'ai plus admiré ma dernière maîtresse que vous n'avez pu, je crois, haïr ou aimer les vôtres. Et tout le monde l'admirait autant que moi. Quand nous entrions dans un restaurant, au bout de quelques minutes chacun oubliait de manger pour la contempler. Les garçons eux-mêmes et la dame du comptoir ressentaient cette extase contagieuse jusqu'à oublier leurs devoirs. Bref, j'ai vécu quelque temps en tête à tête avec un phénomène vivant. Elle mangeait, mâchait, broyait, dévorait, engloutissait, mais avec l'air le plus léger et le plus insouciant du monde. Elle m'a tenu ainsi longtemps en extase. Elle avait une manière douce, rêveuse, anglaise et romanesque de dire: "J'ai faim!" Et elle répétait ces mots jour et nuit en montrant les plus jolies dents du monde, qui vous eussent attendris et égayés à la fois. - J'aurais pu faire ma fortune en la montrant dans les foires comme monstre polyphage. Je la nourrissais bien; et cependant elle m'a quitté... - Pour un fournisseur aux vivres, sans doute? - Quelque chose d'approchant, une espèce d'employé dans l'intendance qui, par quelque tour de bâton à lui connu, fournit peut-être à cette pauvre enfant la ration de plusieurs soldats. C'est du moins ce que j'ai supposé.
- Moi, dit le quatrième, j'ai enduré des souffrances atroces par le contraire de ce qu'on reproche en général à l'égoïste femelle. Je vous trouve mal venus, trop fortunés mortels, à vous plaindre des imperfections de vos maîtresses!"
Cela fut dit d'un ton fort sérieux, par un homme d'un aspect doux et posé, d'une physionomie presque cléricale malheureusement illuminée par des yeux d'un gris clair, de ces yeux dont le regard dit: "Je veux!" ou "Il faut!" ou bien: "Je ne pardonne jamais!"
"Si, nerveux comme je vous connais, vous, G..., lâches et légers comme vous êtes, vous deux, K... et J..., vous aviez été accouplés à une certaine femme de ma connaissance, ou vous vous seriez enfuis, ou vous seriez morts. Moi, j'ai survécu, comme vous voyez. Figurez-vous une personne incapable de commettre une erreur de sentiment ou de calcul; figurez-vous une sérénité désolante de caractère un dévouement sans comédie et sans emphase; une douceur sans faiblesse; une énergie sans violence. L'histoire de mon amour ressemble à un interminable voyage sur une surface pure et polie comme un miroir, vertigineusement monotone, qui aurait réfléchi tous mes sentiments et mes gestes avec l'exactitude ironique de ma propre conscience, de sorte que je ne pouvais pas me permettre un geste ou un sentiment déraisonnable sans apercevoir immédiatement le reproche muet de mon inséparable spectre. L'amour m'apparaissait comme une tutelle. Que de sottises elle m'a empêché de faire, que je regrette de n'avoir pas commises! Que de dettes payées malgré moi! Elle me privait de tous les bénéfices que j'aurais pu tirer de ma folie personnelle. Avec une froide et infranchissable règle, elle barrait tous mes caprices. Pour comble d'horreur, elle n'exigeait pas de reconnaissance, le danger passé. Combien de fois ne me suis-je pas retenu de lui sauter à la gorge, en lui criant: " Sois donc imparfaite, misérable! afin que je puisse t'aimer sans malaise et sans colère! " Pendant plusieurs années, je l'ai admirée, le coeur plein de haine. Enfin, ce n'est pas moi qui en suis mort!
- Ah! firent les autres, elle est donc morte?
- Oui! cela ne pouvait continuer ainsi. L'amour était devenu pour moi un cauchemar accablant. Vaincre ou mourir, comme dit la Politique, telle était l'alternative que m'imposait la destinée! Un soir, dans un bois... au bord d'une mare..., après une mélancolique promenade où ses yeux, à elle, réfléchissaient la douceur du ciel, et où mon coeur, à moi, était crispé comme l'enfer...
- Quoi!
- Comment!
- Que voulez-vous dire?
- C'était inévitable. J'ai trop le sentiment de l'équité pour battre, outrager ou congédier un serviteur irréprochable. Mais il fallait accorder ce sentiment avec l'horreur que cet être m'inspirait; me débarrasser de cet être sans lui manquer de respect. Que vouliez-vous que je fisse d'elle, puisqu'elle était Parfaite?"
Les trois autres compagnons regardèrent celui-ci avec un regard vague et légèrement hébété, comme feignant de ne pas comprendre et comme avouant implicitement qu'ils ne se sentaient pas, quant à eux, capables d'une action aussi rigoureuse, quoique suffisamment expliquée d'ailleurs.
Ensuite on fit apporter de nouvelles bouteilles, pour tuer le Temps qui a la vie si dure, et accélérer la Vie qui coule si lentement.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:32 pm

Ritratti di amanti

In un boudoir per uomini, cioè in una saletta da fumo annessa ad un'elegante bisca, quattro uomini fumavano e bevevano. Non erano, precisamente, né giovani né vecchi, né belli né brutti; ma vecchi o giovani, portavano su di sé quella distinzione inconfondibile dei veterani della gioia, quell'indescrivibile non so che, quella tristezza fredda e beffarda che dichiara: «Noi abbiamo intensamente vissuto, e cerchiamo ciò che potremmo ancora amare e stimare».
Uno di loro fece cadere la conversazione sull'argomento donne. Sarebbe stato più filosofico non parlarne affatto; ma ci sono persone di spirito che, dopo aver bevuto, non disdegnano le conversazioni banali. Allora, si sta ad ascoltare chi parla come si ascolterebbe della musica da ballo.
«Tutti gli uomini», diceva costui, «hanno avuto l'età di Cherubino: è l'epoca in cui, in mancanza di driadi, si abbraccia senza disgusto il tronco delle querce. È il primo grado dell'amore. Al secondo grado, si comincia a scegliere. Poter deliberare è già una decadenza. È allora che si cerca decisamente la bellezza. Quanto a me, signori, mi onoro di essere arrivato da tempo nell'età climaterica del terzo grado, quando la stessa bellezza non basta più se non ha il condimento del profumo, dell'abbigliamento e altro. Confesserò inoltre che a volte aspiro come a una felicità sconosciuta, a una sorta di quarto grado che dovrebbe segnare la calma assoluta. Ma per tutta la mia vita, esclusa l'età di Cherubino, sono stato più sensibile di ogni altro alla snervante stupidità, alla mediocrità irritante delle donne. Ciò che amo soprattutto negli animali è il loro candore. Giudicate voi quanto deve avermi fatto soffrire la mia ultima amante.
«Era figlia bastarda di un principe. Bella, non c'è bisogno di dirlo; altrimenti perché me la sarei presa? Ma guastava questa grande qualità con un'ambizione sconveniente e deforme. Era una donna che voleva sempre fare l'uomo. "Voi non siete un uomo! Ah, se fossi un uomo! Di noi due, sono io che sono l'uomo!". Tali erano gli insopportabili ritornelli che uscivano da quella bocca da cui avrei voluto che prendessero il volo delle canzoni. Quando mi lasciavo sfuggire un moto di ammirazione per un libro, una poesia, un'opera, diceva subito: "Vi pare di trovarci qualcosa di molto forte? Ma che ne sapete voi della forza?", e non la finiva più.
«Un bel giorno si diede alla chimica; sicché fra la mia bocca e la sua ormai ci trovavo una maschera di vetro. E molto puritana, per giunta. Se per caso le stavo dietro con un gesto un po' troppo amoroso, si divincolava come una sensitiva violentata...
- E come è andata a finire? disse uno degli altri tre. Non vi conoscevo così paziente.
- Fu Dio a mettere nella malattia il suo rimedio. Un giorno trovai questa Minerva assetata di forza ideale in intimo colloquio col mio domestico, e in atteggiamento tale che fui costretto a ritirarmi con discrezione per non farli arrossire. Quella sera li congedai entrambi, versando loro gli arretrati della paga.
- Per quanto mi riguarda, riprese colui che lo aveva interrotto, non ho da lamentarmi che di me stesso. La felicità è venuta ad abitare a casa mia, e io non l'ho riconosciuta. Negli ultimi tempi il destino mi aveva concesso di godere di una donna che era davvero la più dolce, la più sottomessa, la più devota delle creature; e sempre pronta! e senza entusiasmo! "Per me va bene, se fa piacere a te". Era questa la sua risposta. Se vi metteste a bastonare questo muro o quel canapé, ne cavereste più sospiri di quanti ne cavavo io dal petto della mia amante con i più forsennati slanci amorosi. Dopo un anno di vita insieme, mi confessò di non aver mai conosciuto il piacere. Questa lotta impari mi venne a noia, e così l'incomparabile ragazza si sposò. Una volta mi venne la curiosità di rivederla, e lei, mostrandomi sei bei bambini, mi disse: "Sì, mio caro amico! La sposa di oggi è ancora vergine come lo era la vostra amante". In lei niente era cambiato. A volte la rimpiango: avrei dovuto sposarla».
Gli altri si misero a ridere, e il terzo disse a sua volta:
«Signori, ho conosciuto piaceri che probabilmente voi avete trascurato. Intendo il lato comico dell'amore, quel lato comico che non esclude affatto l'ammirazione. La mia ultima amante l'ho ammirata più di quanto, credo, voi siate stati capaci di odiare o amare le vostre. E tutti la ammiravano allo stesso modo. Quando entravamo in un ristorante, dopo pochi minuti tutti dimenticavano di mangiare per contemplarla. Perfino i camerieri e la cassiera erano presi in questa estasi contagiosa fino al punto da dimenticare il loro lavoro. Insomma, sono vissuto per un certo periodo in piena intimità con un vero fenomeno vivente. Mangiava, masticava, triturava, divorava, inghiottiva, ma nel modo più disinvolto e leggero del mondo. Così, mi ha fatto stare in estasi per parecchio tempo. Aveva una maniera dolce, sognante, inglese e romantica di dire: "Ho fame!". E ripeteva queste parole giorno e notte mostrando i denti più graziosi del mondo, capaci di intenerire e rallegrare nello stesso tempo. Avrei potuto fare la mia fortuna, se l'avessi mostrata nelle fiere come mostro polifago. La nutrivo bene, ma nonostante questo mi ha lasciato...
- Per un commerciante di generi alimentari, immagino...
- Qualcosa di simile: una specie di impiegato dell'intendenza, che con qualche stratagemma era in grado probabilmente di fornire a quella povera figlia le razioni di parecchi soldati. Fu questa comunque la mia ipotesi.- Io invece, disse il quarto, ho sopportato sofferenze atroci per il motivo opposto, e non per quello che di solito si rimprovera all'egoismo femminile. Voi vi sbagliate proprio, fortunati mortali, a lamentarvi delle imperfezioni delle vostre amanti!».
La cosa fu detta in tono molto serio, da un uomo di aspetto posato e mite, la cui fisionomia aveva qualcosa di clericale ed era purtroppo illuminata da due occhi grigio chiari, da quegli occhi il cui sguardo dice: «Voglio!» oppure:
«Si deve!» o ancora: «Io non perdono!».
«Voi, G., nervoso come vi conosco, e voi due K. e J., vili e volubili come siete, se vi foste messi insieme a una certa donna di mia conoscenza, sareste scappati o sareste morti. Io sono sopravvissuto, come vedete. Immaginate una persona incapace di commettere il più piccolo errore di sentimento o di calcolo; immaginate una desolante serenità di carattere; una devozione senza recite e senza enfasi; una dolcezza senza cedimenti; un'energia senza violenza. La storia del mio amore somiglia a un interminabile viaggio su una superficie pura e liscia come uno specchio, vertiginosamente monotona, in grado di riflettere tutti i miei sentimenti e i miei gesti con l'ironica esattezza della mia coscienza, in modo tale che non avrei potuto permettermi né un gesto né un sentimento irragionevole senza percepire immediatamente il muto rimprovero del mio spettro inseparabile. L'amore mi appariva come una tutela. Quante stupidaggini lei mi ha impedito di fare, che io rimpiango di non aver commesso! Quanti debiti pagati mio malgrado! Mi privava di tutti i benefici che avrei potuto ricavare dalla mia follia personale. Con una fredda e inderogabile regola, sbarrava la strada a tutti i miei capricci. Per colmo d'orrore, una volta passato il pericolo non esigeva nessuna riconoscenza. Quante volte mi sono trattenuto dal saltarle alla gola gridando: "Sii dunque imperfetta, miserabile! perché io possa amarti senza disagio e senza collera!". Per parecchi anni l'ho ammirata, con il cuore pieno di odio. Ma alla fine, non sono io a esserne morto!
- Ah, fecero gli altri, è morta, dunque!
- Sì! Non poteva continuare così. L'amore era diventato per me un incubo orribile. Come si dice in politica, vincere o morire: era questa l'alternativa che mi imponeva il destino! Una sera, in un bosco... sulla sponda di un fosso... dopo una malinconica passeggiata, mentre nei suoi occhi si rifletteva la dolcezza del cielo e io mi sentivo il cuore strozzato come un inferno...
- Che cosa?
- Come?
- Che volete dire?
- Era inevitabile. Ho un troppo forte senso dell'equità per poter picchiare, oltraggiare o licenziare un servitore irreprensibile come lei. Dovevo però conciliare questo sentimento con l'orrore che quell'essere mi ispirava: sbarazzarmi di questo essere senza mancargli di rispetto. Cosa volete che facessi di lei, dal momento che era perfetta?».
Gli altri tre compagni lo guardarono con uno sguardo incerto e vagamente ebete, come fingendo di non capire e come confessando implicitamente che loro non si sarebbero sentiti capaci, per quanto li riguardava, di un'azione così rigorosa, anche se, d'altronde, sufficientemente motivata.
Fecero poi portare altre bottiglie, per ammazzare il Tempo, che è così duro a morire, e per accelerare la Vita, che è così lenta a passare.

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:33 pm

Le galant tireur

Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter dans le voisinage d'un tir, disant qu'il lui serait agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps. Tuer ce monstre-là, n'est-ce pas l'occupation la plus ordinaire et la plus légitime de chacun? - Et il offrit galamment la main à sa chère, délicieuse et exécrable femme, à cette mystérieuse femme à laquelle il doit tant de plaisirs, tant de douleurs, et peut-être aussi une grande partie de son génie.
Plusieurs balles frappèrent loin du but proposé l'une d'elles s'enfonça même dans le plafond; et comme la charmante créature riait follement, se moquant de la maladresse de son époux, celui-ci se tourna brusquement vers elle, et lui dit: "Observez cette poupée, là-bas, à droite, qui porte le nez en l'air et qui a la mine si hautaine. Eh bien! cher ange, je me figure que c'est vous." Et il ferma les yeux et il lâcha la détente. La poupée fut nettement décapitée.
Alors s'inclinant vers sa chère, sa délicieuse, son exécrable femme, son inévitable et impitoyable Muse, et lui baisant respectueusement la main, il ajouta: "Ah! mon cher ange, combien je vous remercie de mon adresse!"


Il tiratore galante

Mentre la carrozza attraversava il bosco, egli la fece fermare nei pressi di un tiro a segno, dicendo che gli sarebbe piaciuto sparare qualche colpo per ammazzare il Tempo. Ammazzare quel mostro non è forse l'occupazione più ordinaria e più legittima di ognuno? - Offrì galantemente la mano alla sua cara, deliziosa ed esecrabile donna, a quella misteriosa donna alla quale deve tanti piaceri, tanti dolori e forse anche gran parte del suo genio.
Parecchi proiettili colpirono lontano dal bersaglio prescelto; uno di essi andò a conficcarsi addirittura nella tettoia; e dato che l'affascinante creatura se la rideva pazzamente prendendo in giro l'imperizia del suo sposo, questi si girò bruscamente verso di lei e le disse: «Guarda quella bambola, laggiù a destra, col naso in aria e la faccia così arrogante. Ebbene, angelo mio, faccio come se quella fossi tu!». Chiuse gli occhi e premette il grilletto. La bambola fu decapitata di netto.
Allora, inchinandosi verso la sua cara, la sua deliziosa, la sua esecrabile moglie, la sua inevitabile e inesorabile Musa, e baciandole rispettosamente la mano, soggiunse: «Ah, angelo mio, come ti ringrazio della mia bravura!».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:35 pm

La soupe et les nuages

Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l'impalpable. Et je me disais, à travers ma contemplation: "- Toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma belle bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts."
Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j'entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l'eau-de-vie, la voix de ma chère petite bien-aimée, qui disait: "- Allez-vous bientôt manger votre soupe, s...b... de marchand de nuages?"


La zuppa e le nuvole

La mia piccola, pazza adorata mi stava dando il pranzo, e dalla finestra aperta io contemplavo le mobili architetture che Dio crea con i vapori, con le meravigliose costruzioni dell'impalpabile. E in quella contemplazione mi dicevo: « - Tutte queste fantasmagorie sono belle quasi quanto gli occhi della mia bella amata, del mio piccolo folle mostro dagli occhi verdi».
E all'improvviso ricevetti un violento pugno sulla schiena, e udii una voce incantevolmente roca, una voce isterica e come affiochita dall'acquavite, la voce della mia cara, piccola amata che diceva: «Sbrigati a mangiare la tua zuppa, maledetto mercante di nuvole che non sei altro!».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:37 pm

Le tir et le cimetière

- A la vue du cimetière, Estaminet. - "Singulière enseigne, - se dit notre promeneur, - mais bien faite pour donner soif! A coup sûr, le maître de ce cabaret sait apprécier Horace et les poètes élèves d'Epicure. Peut-être même connaît-il le raffinement profond des anciens Egyptiens, pour qui il n'y avait pas de bon festin sans squelette, ou sans un emblème quelconque de la brièveté de la vie."
Et il entra, but un verre de bière en face des tombes, et fuma lentement un cigare. Puis, la fantaisie le prit de descendre dans ce cimetière, dont l'herbe était si haute et si invitante, et où régnait un si riche soleil.
En effet, la lumière et la chaleur y faisaient rage, et l'on eût dit que le soleil ivre se vautrait tout de son long sur un tapis de fleurs magnifiques engraissées par la destruction. Un immense bruissement de vie remplissait l'air, - la vie des infiniment petits, - coupé à intervalles réguliers par la crépitation des coups de feu d'un tir voisin, qui éclataient comme l'explosion des bouchons de champagne dans le bourdonnement d'une symphonie en sourdine.
Alors, sous le soleil qui lui chauffait le cerveau et dans l'atmosphère des ardents parfums de la Mort, il entendit une voix chuchoter sous la tombe où il s'était assis. Et cette voix disait: "Maudites soient vos cibles et vos carabines, turbulents vivants, qui vous souciez si peu des défunts et de leur divin repos! Maudites soient vos ambitions, maudits soient vos calculs, mortels impatients, qui venez étudier l'art de tuer auprès du sanctuaire de la Mort! Si vous saviez comme le prix est facile à gagner, comme le but est facile à toucher, et combien tout est néant, excepté la Mort, vous ne vous fatigueriez pas tant, laborieux vivants, et vous troubleriez moins souvent le sommeil de ceux qui depuis longtemps ont mis dans le But, dans le seul vrai but de la détestable vie!"


Il tiro a segno e il cimitero

- Bellavista sul cimitero, osteria. - «Strana insegna», pensò il nostro vagabondo, «ma fatta apposta per far venire sete! C'è da scommettere che il padrone di questo locale è uno che apprezza Orazio e i poeti seguaci di Epicuro.
Forse conosce anche la profonda raffinatezza degli antichi Egizi, per i quali non c'era banchetto che si rispettasse senza la presenza di uno scheletro o senza qualche emblema della brevità della vita».
Entrò, bevve un bicchiere di birra davanti alle tombe, e fumò lentamente un sigaro. Poi gli venne voglia di scendere nel cimitero, dove l'erba era così alta e invitante e dove regnava un sole così pieno.
Infatti, luce e calore imperversavano, e sembrava che il sole ubriaco si fosse sdraiato su un tappeto di magnifici fiori concimati dalla distruzione. Un immenso brusio di vita riempiva l'aria -, la vita dell'infinitamente piccolo -, interrotto a intervalli regolari dal crepitìo degli spari di un vicino tiro a segno, che scoppiavano come tappi di champagne sul sottofondo di una sinfonia in sordina.
Allora, sotto quel sole che gli scaldava il cervello e nell'atmosfera degli ardenti profumi della Morte, sentì una voce mormorare sotto la tomba su cui si era seduto. E questa voce diceva: «Maledetti i vostri bersagli e le vostre carabine, rumorosi viventi che vi preoccupate così poco dei defunti e del loro divino riposo! Maledette le vostre ambizioni, maledetti i vostri calcoli, impazienti mortali che venite a studiare l'arte di uccidere nei pressi del santuario della Morte! Se sapeste come è facile vin cere il premio, come è facile colpire il bersaglio, e come tutto è niente, tranne la Morte, non vi affannereste tanto, o laboriosi viventi, e turbereste meno spesso il sonno di coloro che da tempo hanno fatto Centro, il solo vero centro della detestabile vita!».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:39 pm

Perte d'auréole

"Eh! quoi! vous ici, mon cher? Vous, dans un mauvais lieu! vous, le buveur de quintessences! vous, le mangeur d'ambrosie! En vérité, il y a là de quoi me surprendre.
- Mon cher, vous connaissez ma terreur des chevaux et des voitures. Tout à l'heure, comme je traversais le boulevard, en grande hâte, et que je sautillais dans la boue, à travers ce chaos mouvant où la mort arrive au galop de tous les côtés à la fois, mon auréole, dans un mouvement brusque, a glissé de ma tête dans la fange du macadam. Je n'ai pas eu le courage de la ramasser. J'ai jugé moins désagréable de perdre mes insignes que de me faire rompre les os. Et puis, me suis-je dit, à quelque chose malheur est bon. Je puis maintenant me promener incognito, faire des actions basses, et me livrer à la crapule, comme les simples mortels. Et me voici, tout semblable à vous, comme vous voyez!
- Vous devriez au moins faire afficher cette auréole, ou la faire réclamer par le commissaire.
- Ma foi! non. Je me trouve bien ici. Vous seul, vous m'avez reconnu. D'ailleurs la dignité m'ennuie. Ensuite je pense avec joie que quelque mauvais poète la ramassera et s'en coiffera impudemment. Faire un heureux, quelle jouissance! et surtout un heureux qui me fera rire! Pensez à X, ou à Z! Hein! comme ce sera drôle!"


L'aureola perduta

«Come! voi qui, mio caro? Voi in questo brutto posto? Voi, il bevitore di quintessenze! Voi, il mangiatore di ambrosia! C'è invero di che restare sorpresi.
- Mio caro, sapete bene quanto mi terrorizzino le carrozze e i cavalli. Poco fa, mentre attraversavo il viale in tutta fretta saltellando in mezzo al fango, in quel caos in movimento dove la morte arriva al galoppo da tutte le parti nello stesso tempo, per un gesto brusco l'aureola mi è scivolata dalla testa nel fango del lastrico. Non ho avuto il coraggio di raccattarla. Giudicai meno sgradevole perdere le mie insegne che farmi rompere le ossa. E poi, mi dissi, la disgrazia serve sempre a qualcosa. Ora posso andarmene in giro in incognito, compiere azioni basse, darmi ai bagordi come i comuni mortali. Ed eccomi in tutto simile a voi, come vedete!
- Dovreste almeno pubblicare un annuncio della perdita dell'aureola, o fare denuncia al commissariato.
- Proprio no! Mi trovo bene, qui. Solo voi mi avete riconosciuto. D'altronde la dignità mi disturba. E poi penso che qualche cattivo poeta la raccatterà e se la metterà in testa spudoratamente. Che piacere far felice qualcuno!
Soprattutto qualcuno la cui felicità mi farà ridere! Pensate a X, o a Z! Ah, sarà davvero divertente!».

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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   Mar Set 04, 2007 12:43 pm

Mademoiselle Bistouri

Comme j'arrivais à l'extrémité du faubourg, sous les éclairs du gaz, je sentis un bras qui se coulait doucement sous le mien, et j'entendis une voix qui me disait à l'oreille: "Vous êtes médecin, monsieur?"
Je regardai; c'était une grande fille, robuste, aux yeux très ouverts, légèrement fardée, les cheveux flottant au vent avec les brides de son bonnet.
"- Non; je ne suis pas médecin. Laissez-moi passer. - Oh! si! vous êtes médecin. Je le vois bien. Venez chez moi. Vous serez bien content de moi, allez! - Sans doute, j'irai vous voir, mais plus tard, après le médecin, que diable!... - Ah! ah! - fit-elle, toujours suspendue à mon bras, et en éclatant de rire, - vous êtes un médecin farceur, j'en ai connu plusieurs dans ce genre-là. Venez."
J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. Je me laissai donc entraîner par cette compagne, ou plutôt par cette énigme inespérée.
J'omets la description du taudis; on peut la trouver dans plusieurs vieux poètes français bien connus. Seulement, détail non aperçu par Régnier, deux ou trois portraits de docteurs célèbres étaient suspendus aux murs.
Comme je fus dorloté! Grand feu, vin chaud, cigares; et en m'offrant ces bonnes choses et en allumant elle-même un cigare, la bouffonne créature me disait: "Faites comme chez vous, mon ami, mettez-vous à l'aise. Ça vous rappellera l'hôpital et le bon temps de la jeunesse. - Ah çà! où donc avez-vous gagné ces cheveux blancs? Vous n'étiez pas ainsi, il n'y a pas encore bien longtemps, quand vous étiez interne de L... Je me souviens que c'était vous qui l'assistiez dans les opérations graves. En voilà un homme qui aime couper, tailler et rogner! C'était vous qui lui tendiez les instruments, les fils et les éponges. - Et comme, l'opération faite, il disait fièrement, en regardant sa montre: " Cinq minutes, messieurs! " - Oh! moi, je vais partout. Je connais bien ces Messieurs."
Quelques instants plus tard, me tutoyant, elle reprenait son antienne, et me disait: "Tu es médecin, n'est-ce pas, mon chat?"
Cet inintelligible refrain me fit sauter sur mes jambes. "Non! criai-je furieux.
- Chirurgien, alors?
- Non! non! à moins que ce ne soit pour te couper la tête! S... s... c... de s... m...!
- Attends, reprit-elle, tu vas voir."
Et elle tira d'une armoire une liasse de papiers, qui n'était autre chose que la collection des portraits des médecins illustres de ce temps, lithographiés par Maurin, qu'on a pu voir étalée pendant plusieurs années sur le quai Voltaire.
"Tiens! le reconnais-tu celui-ci?
- Oui! c'est X. Le nom est au bas d'ailleurs; mais je le connais personnellement.
- Je savais bien! Tiens! voilà Z., celui qui disait à son cours, en parlant de X.: " Ce monstre qui porte sur son visage la noirceur de son âme! " Tout cela, parce que l'autre n'était pas de son avis dans la même affaire! Comme on riait de ça à l'Ecole, dans le temps! Tu t'en souviens? - Tiens, voilà K., celui qui dénonçait au gouvernement les insurgés qu'il soignait à son hôpital. C'était le temps des émeutes. Comment est-ce possible qu'un si bel homme ait si peu de coeur? - Voici maintenant W., un fameux médecin anglais; je l'ai attrapé à son voyage à Paris. Il a l'air d'une demoiselle, n'est-ce pas?"
Et comme je touchais à un paquet ficelé, posé aussi sur le guéridon: "Attends un peu, dit-elle; - ça, c'est les internes, et ce paquet-ci, c'est les externes."
Et elle déploya en éventail une masse d'images photographiques, représentant des physionomies beaucoup plus jeunes.
"Quand nous nous reverrons, tu me donneras ton portrait, n'est-ce pas, chéri?
- Mais, lui dis-je, suivant à mon tour, moi aussi, mon idée fixe, - pourquoi me crois-tu médecin?
- C'est que tu es si gentil et si bon pour les femmes!
- Singulière logique! me dis-je à moi-même.
- Oh! je ne m'y trompe guère; j'en ai connu un bon nombre. J'aime tant ces messieurs, que, bien que je ne sois pas malade, je vais quelquefois les voir, rien que pour les voir. Il y en a qui me disent froidement: " Vous n'êtes pas malade du tout! " Mais il y en a d'autres qui me comprennent, parce que je leur fais des mines.
- Et quand ils ne te comprennent pas...?
- Dame! comme je les ai dérangés inutilement, je laisse dix francs sur la cheminée. - C'est si bon et si doux, ces hommes-là! - j'ai découvert à la Pitié un petit interne, qui est joli comme un ange, et qui est poli! et qui travaille, le pauvre garçon! Ses camarades m'ont dit qu'il n'avait pas le sou, parce que ses parents sont des pauvres qui ne peuvent rien lui envoyer. Cela m'a donné confiance. Après tout, je suis assez belle femme, quoique pas trop jeune. Je lui ai dit: " Viens me voir, viens me voir souvent. Et avec moi, ne te gêne pas; je n'ai pas besoin d'argent. " Mais tu comprends que je lui ai fait entendre ça par une foule de façons; je ne le lui ai pas dit tout crûment; j'avais si peur de l'humilier, ce cher enfant!
- Eh bien! croirais-tu que j'ai une drôle d'envie que je n'ose pas lui dire? - Je voudrais qu'il vînt me voir avec sa trousse et son tablier, même avec un peu de sang dessus!"
Elle dit cela d'un air fort candide, comme un homme sensible dirait à une comédienne qu'il aimerait: "Je veux vous voir vêtue du costume que vous portiez dans ce fameux rôle que vous avez créé."
Moi, m'obstinant, je repris: "Peux-tu te souvenir de l'époque et de l'occasion où est née en toi cette passion si particulière?"
Difficilement je me fis comprendre; enfin j'y parvins. Mais alors elle me répondit d'un air très triste, et même, autant que je peux me souvenir, en détournant les yeux: "Je ne sais pas... je ne me souviens pas."
Quelles bizarreries ne trouve-t-on pas dans une grande ville, quand on sait se promener et regarder? La vie fourmille de monstres innocents. - Seigneur, mon Dieu! vous, le Créateur, vous, le Maître; vous qui avez fait la Loi et la Liberté; vous, le souverain qui laissez faire, vous, le juge qui pardonnez; vous qui êtes plein de motifs et de causes, et qui avez peut-être mis dans mon esprit le goût de l'horreur pour convertir mon coeur, comme la guérison au bout d'une lame; Seigneur ayez pitié, ayez pitié des fous et des folles! O Créateur! peut-il exister des monstres aux yeux de Celui-là seul qui sait pourquoi ils existent, comment ils se sont faits et comment ils auraient pu ne pas se faire?


La signorina bisturi

Appena arrivai ai limiti del sobborgo, sotto il chiarore della luce a gas, sentii un braccio che si insinuava dolcemente sotto il mio, e udii una voce che mi diceva all'orecchio: «Siete medico, signore?».
Guardai; era una ragazza alta, robusta, con gli occhi spalancati, leggermente truccata, i capelli ondeggianti al vento con i nastri del cappellino.
« - No, non sono medico. Lasciatemi passare. - Oh, sì! Voi siete medico. Lo vedo bene. Venite da me.
Resterete molto contento di me, andiamo!
- Certo, verrò a trovarvi, ma più tardi, dopo il medico, che diavolo...!
- Ah! ah! - fece lei, sempre aggrappata al mio braccio, e scoppiando a ridere, - siete un medico scherzoso, ne ho conosciuti molti così. Su andiamo».
Amo appassionatamente il mistero, perché ho sempre la speranza di svelarlo. Mi lasciai perciò trascinare da questa compagna, o meglio da questo enigma insperato.
Tralascio la descrizione del tugurio: la si può trovare in numerosi vecchi poeti francesi ben noti. Soltanto, dettaglio trascurato da Régnier, c'erano due o tre ritratti di celebri dottori appesi alle pareti.
Come fui coccolato! Un bel focolare, vino caldo, sigari; e offrendomi queste buone cose, e accendendomi lei stessa un sigaro, questa buffa creatura mi diceva: «Fate come se foste a casa vostra, amico mio, mettetevi a vostro agio.Così vi ricorderete dell'ospedale e dei bei tempi della giovinezza. Ma guarda! Dove vi siete presi questi capelli bianchi?
Non eravate così appena qualche tempo fa, quando eravate l'aiuto di L... Ricordo che lo assistevate nelle operazioni più gravi. Era proprio un uomo a cui piace tagliare, mozzare, rifilare! E voi che gli passavate gli strumenti, i fili e le spugne.
- E appena finita l'operazione, diceva tutto fiero, guardando l'orologio: "Cinque minuti, signori!". - Oh, io vado dappertutto. Conosco bene questi Signori».
Qualche istante più tardi, dandomi del tu, ricominciava con la stessa solfa, e mi diceva: «Sei medico, non è vero, gattino mio?».
Questo incomprensibile ritornello mi fece saltare in piedi. «No! urlai furibondo.
- Chirurgo allora?
- No! No! A meno che non lo diventi per spaccarti la testa! Maledetto il santo ciborio della madre badessa!
- Aspetta, disse, e vedrai».
E tirò fuori dall'armadio un fascio di carte, che altro non era se non la collezione dei ritratti dei medici famosi di allora, litografie di Maurin che si sono viste esposte per parecchi anni sul quai Voltaire.
«Guarda! Lo riconosci questo?
- Sì! È X. C'è scritto sotto, anche; ma lo conosco personalmente.
- Eh, lo sapevo! Tieni, ecco Z., quello che nel suo corso, parlando di X, diceva: "Quel mostro che porta sulla faccia il nerume della sua anima!". E questo solo perché l'altro non la pensava come lui su una certa questione! Quanto se ne rideva a scuola, in quei tempi! Ti ricordi? - Guarda, ecco K., quello che denunciava al governo gli insorti che curava nel suo ospedale. Era l'epoca delle sommosse. Come è possibile che un così bell'uomo abbia così poco cuore? -
E ora guarda W., famoso medico inglese; l'ho acchiappato quando venne a Parigi. Sembra una signorina, non è vero?».
E dato che avevo toccato un pacchetto legato, che pure si trovava sul tavolinetto: «Aspetta un momento, disse;
- questi sono i medici interni, e quel pacchetto sono gli esterni».
E aprì come un ventaglio tutto un mucchio di fotografie, con delle facce molto più giovani.
«Quando ci rivedremo, mi darai il tuo ritratto, è vero, caro?
- Ma, le dissi a mia volta, seguendo anch'io la mia idea fissa, - perché credi che io sia un medico?
- È perché sei così gentile e così buono con le donne!
- Strana logica, dissi fra me.
- Ah, io non mi sbaglio quasi mai; ne ho conosciuti tanti. Amo a tal punto questi signori che a volte vado da loro tanto per vederli, anche se non sono malata. Ce ne sono alcuni che mi dicono con freddezza: "Ma voi non siete affatto malata!". Ce ne sono però altri che mi capiscono, perché gli faccio un po' di moine.
- E quando non ti capiscono...?
- Be', dal momento che li ho disturbati inutilmente, lascio dieci franchi sul caminetto. - È gente così buona e dolce, quella! - Ho scoperto alla Pietà un "interno", piccolo di statura, bello come un angelo, e gentilissimo! E come lavora, povero ragazzo! I suoi compagni mi hanno detto che non ha un soldo, perché i suoi genitori sono poveri e non gli possono mandare niente. Questo mi ha incoraggiato. Dopotutto, sono piuttosto bella, anche se non giovanissima. Gli ho detto: "Vieni a trovarmi, vieni a trovarmi spesso. E con me non preoccuparti; non ho bisogno di denaro". Ma capirai che gliel'ho fatto intendere con le dovute maniere; non gliel'ho detto così, brutalmente; avevo paura di umiliarlo, povero ragazzo! - Ma lo sai? ho una voglia così pazza che non oso dirglielo. Vorrei che venisse a trovarmi con la borsa dei ferri e il camice bianco, magari un po' macchiato di sangue!».
Disse questo con l'espressione più candida, come un uomo sensibile direbbe a un'attrice che ama: «Vorrei vederti con indosso il costume che portavi quando interpretasti quella famosa parte!».
Io, ostinato, ricominciai: «Riesci a ricordarti del periodo e della circostanza in cui è nata in te questa passione così speciale?».
Fu difficile farmi capire; alla fine ci riuscii. Ma lei mi rispose con un'aria molto triste e, per quel che posso ricordare, perfino distogliendo lo sguardo: «Non lo so... Non me lo ricordo».
Quali bizzarrie non si trovano in una grande città, se si sa andare in giro e guardare! La vita brulica di mostri innocenti. - Signore, mio Dio! Voi Creatore, voi Padrone; voi da cui viene la Legge e la Libertà; voi, sovrano che lascia fare, voi, giudice che perdona; voi che siete pieno di motivi e di cause, e che forse avete messo nella mia mente il gusto dell'orrore per convertire il mio cuore, come la guarigione sulla punta di una lama; Signore, abbiate pietà dei pazzi e dei folli! O creatore! Possono forse esistere dei mostri agli occhi di Colui che è il solo a sapere perché esistono, come si sono fatti e come avrebbero potuto non farsi?

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Marcet sine adversario virtus
(Lucius Annaeus Seneca minor)
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MessaggioTitolo: Re: Le Spleen de Paris   

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Le Spleen de Paris
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